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Politique

Négrophobie

"Pas assez blancs à son goût" : un bar parisien refuse l’entrée aux noirs à une soirée

"On fait un gros écrémage", "la population est trop urbaine"... Un DJ raconte la négrophobie du gérant d'un bar où tous les noirs ont été interdit d'entrer à Paris.

vendredi 11 juin

Crédits : LP/Philippe Lavieille

Ce mercredi soir était le lancement d’une nouvelle étape de déconfinement avec le couvre-feu décalé à 23h et la possibilité pour les bars et restaurants d’accueillir des clients à l’intérieur. La réouverture de la péniche La Pause Parisienne, fut le lieu de réception d’une soirée organisée par l’agence, média et label Cimer, avec des DJ comme Armel Bizman et Dre Tala.

Seulement, après 40 minutes d’attente, la queue ne semble pas bouger remarque l’un des deux DJ, dans la vidéo témoignage sur le compte instagram Cerveau_non_disponible. Il décide alors d’aller voir le directeur afin de comprendre ce qu’il se passe. On lui aurait ouvertement répondu : "on fait un gros écrémage”, “la population ne me plaît pas”, “la population est trop urbaine, trop caillera”. Le gérant de la péniche lui aurait ensuite précisé en déclarant, “on ne m’avait pas vendu ça, on m’avait vendu une soirée avec des bobos parisiens en chemise, une population deep house [...] eux si on leur donne de l’alcool ils vont vouloir se battre”, rapporte le DJ Armel Bizman.

Dans la vidéo, les clients à l’entrée du bar confirme que le gérant leur a refusé l’entrée parce qu’ils n’étaient "pas assez blancs à son goût". Les DJ invités pour la soirées ont refusé de mixer et ont alors quitté le bar en signe de protestation.

Suite à la polémique sur les réseaux sociaux, le restaurant se défend en déclarant qu’il ne s’agit en “aucun cas d’un acte raciste” : selon eux l’écrémage ne serait pas un choix raciste mais une nécessité en réponse à une mauvaise organisation. La péniche ne pouvait accueillir que 173 personnes ; cependant, il semblerait qu’entre 200 à 300 personnes attendaient et 1600 personnes s’étaient inscrites via le système de réservation. Le restaurant aurait alors préféré, pour pallier ce surplus, privilégier des réservations avec bouteilles sur tables qui étaient déjà complètes. Alors, des tables plus chères, pour des clients plus riches, correspondant aux hauts standings recherchés par le gérant. L’un des autres arguments de sélection était d’écarter les “personnes en baskets”, un critère arbitraire et démenti par les images des jeunes blancs qui ont été accueillis.

La Pause Parisienne se justifie en se disant obligé de faire une sélection, et déclare dans le Parisien que c’est avec “un grand regret” qu’ils ont dû se voir refuser l’entrée aux autres personnes. Mais, Cab, un étudiant de 25 ans, déclare dans le même journal avoir bien vu que “seule des personnes habituées étaient autorisées à rentrer” et seulement “des personnes pas racisées”. D’autant plus, selon ce même étudiant les prix des tables ont été augmentés afin de “nous mettre des bâtons dans les roues”. Une autre preuve d’une sélection pour restreindre l’accès aux plus aisés.

Cet événement, qui a fait polémique sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans un contexte où le racisme est structurel et banalisé, notamment grâce aux récentes offensives gouvernementales sur le plan sécuritaire qui réconforte les idéologies les plus réactionnaires et nauséabondes.




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