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Yellow Vest Australian

Récupération. Un parti d’extrême-droite australien se renomme « Gilet Jaune »

En vue des prochaines élections, un parti d’extrême-droite australien fera sa campagne sous le nom de « Yellow Vest Australian ». A part son nom, le parti qui associe positions ultra-libérales et discours raciste n’a pourtant rien en commun avec les Gilets Jaunes.

mardi 9 avril

Afin réaliser un coup de communication pour les élections nationales prévues le mois prochain, le parti d’extrême droite Australian Liberty Alliance (« Alliance pour la liberté australienne ») fera campagne sous le nom de « Yellow Vest Australian » (« Gilet jaune australien »). Dans une vidéo sur sa page, ils expliquent ce choix par une interprétation assez singulière du mouvement : selon la présidente du parti, Debbie Robinson, les Gilets Jaunes représenteraient « les électeurs mécontents qui se préoccupent du mondialisme, de l’immigration et du coût de la vie ».

Derrière le simulacre des « Yellow Vest » australiens, on retrouve en effet une extrême-droite raciste et néolibérale au programme anti-social, anti-immigration très loin des préoccupations des Gilets jaunes. Sans aucun doute, les militants de ce parti opportuniste qui met en avant la nécessité de réduire l’Etat et de privatiser massivement seraient surpris d’apprendre que les Gilets Jaunes se sont mobilisés il y a quelques semaines contre la privatisation de l’Aéroport de Paris.

Le parti qui avait récolté moins de 0,2% des voix lors des dernières élections fédérales, est en réalité explicite quant à son but en disant qu’il veut « capturer » ce mouvement qui est international et le faire sortir de la rue pour le porter au Parlement. Pas sûr en revanche qu’une telle idée satisfasse des Gilets Jaunes qui mettent en cause la parodie de démocratie que constitue la Vème République.

De Le Pen à Salvini, ce n’est pas la première fois que l’extrême-droite cherche à instrumentalise les gilets Jaunes, surfant sur la vague de contestation pour avancer leur politique néolibérale et ramener la colère sociale sur un terrain institutionnel.
Pourtant, force est de constater que, bien même que si l’extrême-droite essaye de capitaliser sur le mouvement, les revendications qui se dégagent des cadres d’auto-organisation du mouvement sont très loin de développer leur logique. Ce week-end, l’Assemblée des Assemblées de Saint-Nazaire a ainsi réuni près de 300 délégations et produit un appel fort :

« Nous revendiquons l’augmentation générale des salaires, des retraites et des minima sociaux, ainsi que des services publics pour tous et toutes. Nos solidarités en lutte vont tout particulièrement aux neuf millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Conscients de l’urgence environnementale, nous affirmons, fin du monde, fin du mois, même logique, même combat. 

Face à la mascarade des grands débats, face à un gouvernement non représentatif au service d’une minorité privilégiée, nous mettons en place les nouvelles formes d’une démocratie directe. »

Des positions qui, sans aucun doute, effraieraient l’ « Australian Liberty Alliance » dont le coup de communication autour des « Yellow Vest » ne trompe personne sur la véritable nature des Gilets Jaunes.




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