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Soutien !

SCANDALE. Facebook menace de supprimer la page Cerveaux Non Disponibles

Nous relayons le communiqué de Cerveaux Non disponibles dont la page Facebook est menacé de fermeture. Une répression scandaleuse qui vient museler les oppositions politiques sur les réseaux sociaux, et particulièrement Facebook ! Nous envoyons toute notre solidarité à Cerveaux Non Disponibles et combattrons ensemble ces attaques répressives !

dimanche 4 avril

Le communiqué à retrouver ici

Samedi 3 avril 2021, Facebook nous envoie la notification la plus menaçante depuis la création de notre page. « Cerveaux non Disponibles risque de ne plus être publiée » (entendez supprimée). Elle est déjà, depuis ce samedi après midi très fortement déréférencée. La raison de ce bannissement ? Une vidéo publiée samedi matin d’une manifestation féministe ayant eu lieu vendredi à Mexico, suite au meurtre d’une salvadorienne étouffée par la police. Cette vidéo montre plusieurs manifestantes frapper les boucliers de la police avec des marteaux. Le post était très informatif mais avec un titre un peu provocateur : “Détruire la société patriarcale et capitaliste… au marteau !”. La vidéo est toujours visible sur plusieurs comptes Twitter, Facebook et Instagram.

Ce signalement fait suite à d’autres, qui, selon Facebook, ont contribué à cette décision de potentiellement supprimer notre page. Il y a deux semaines, nous publions, dans la foulée des Césars, un visuel en soutien à l’action de Corinne Maserio, réalisée par l’artiste “Débit de beau”. Le voici :

Facebook a supprimé le post, considérant qu’il y avait présence de “nudité ou actes sexuels” ! Là encore, nous avions fait appel, sans réussir à obtenir gain de cause (pas même un retour de Facebook).

Enfin, quelques semaines avant, Facebook nous avait également épinglé, cette fois pour “fake news”. Nous avions publié un visuel avec un texte d’accompagnement, illustrant un article du Canard Enchainé. Nous expliquions que les hôpitaux d’Ile de France avaient perdu 800 places en réanimation depuis mars 2020. L’AFP a publié un Factchecking nous accusant de Fakenews. Et, en lien avec Facebook nous a épinglé et déréférencé. Voici le post :

Il se trouve que nous nous sommes trompés sur la date de l’article du Canard, qui datait non pas de mars 2021 mais d’octobre 2020. Autre erreur : le Canard ne parle pas de 800 lits mais d’une capacité en baisse de 30% par rapport à avril 2020, où il y avait 2500 lits de réa. Donc 30% de 2500 lits représentent 750 lits en moins par rapport à Avril ! Alors oui, il y a erreur sur la date, et 50 lits de différence. Mais peut-on pour autant parler de Fakenews ? Et décider d’invisibiliser une page pour ça ?

Doit-on rappeler les tonnes d’informations clairement erronées que les principaux médias diffusent sur leurs réseaux ? Ces médias qui ont diffusé des heures durant la soit disante arrestation de Xavier Dupont De Ligonnès, qui ont affirmé pendant des mois tout et son contraire sur la réalité sanitaire du covid, qui ont affirmé qu’un manifestant s’était maquillé le visage alors qu’il avait le visage en sang suite à une charge policière…

Nous ne prétendons pas avoir raison sur tout. Nous publions chaque mois plusieurs centaines d’articles, de tribunes, de vidéos. Nous faisons sûrement des erreurs. Mais ce n’est jamais un mensonge intentionnel. Contrairement à d’autres. Quelle société peut accepter qu’un géant du web décide de quelle information peut ou pas être vue par des citoyens, ayant pourtant fait le choix de s’abonner à une page ?

Cela fait près de deux ans que nous alertons et nous inquiétons des dérives de censure et d’invisibilisation de pages et médias militants par Facebook. A l’été 2019, la page CND et d’autres (Nantes Révoltée, Colère noire, Rouen dans la Rue…) connaissaient une très forte baisse de visibilité, pile une semaine avant le G7 à Biarritz.

Depuis, nous avons gagné plus de 200 000 abonnés sur facebook (atteignant presque les 450 000) mais avons vu notre audience chuter. C’est tout sauf un hasard. Et ce dernier épisode n’est que l’épilogue d’une lutte discrète mais bien efficace de Facebook et des gouvernements en place pour détruire l’émergence de contre-médias. Pour vous donner des chiffres précis, en avril dernier, alors que nous n’avions que 300 000 abonnés, la couverture moyenne quotidienne de nos posts était d’1,5 million. Un an plus tard, avec 150 000 abonnés de plus, elle est a 250 000 ! De nombreux abonnés, qui ont pourtant cliqué sur l’option pour mettre notre page en favoris, ne voient plus nos posts sur leur mur.

Les deux phénomènes sont étroitement liés : chaque signalement / suppression de post (pour pseudo fakenews ou pour appel à la violence) participe de la baisse de la visibilité de la page, qui, même sans signalement, baisse inexorablement. Nous savons que plusieurs groupes pro Macron , pro police ou d’extrême droite ont déjà lancé, via des groupes privés, des campagnes de signalement envers CND. Nous avons tenté à plusieurs reprises de prendre contact avec Facebook, et d’échanger avec eux. En vain.

Aujourd’hui, CND compte plus de 600 000 abonnés sur ces différents réseaux. Nous assumons d’être un média militant, de prendre parti, de donner notre avis, et de soutenir des luttes anti capitalistes, antiracistes, féministes, écologiques. Nous soutenons ceux qui luttent pour une société plus égalitaire. Nous avons dès le début soutenu les Gilets Jaunes. Et nous continuons et continuerons. Cela ne fait pas de nous un groupe de dangereux terroristes. Certaines chaînes de TV ou de radios propagent bien plus de haine et d’appel à la violence, et ce, sur leurs chaînes mais aussi sur leur Facebook. Sans être inquiété. Sans que leur page soit invisibilisée.

Il y a donc bien un choix qui est fait par Facebook dans la gestion des médias sur son réseau. Et c’est un choix politique.

Face à cette situation, nos moyens de riposte sont plus que limités. Facebook fait bien ce qu’il veut de son réseau puisque tout utilisateur (y compris les pages) ont signé les CGU qui lui donnent les mains libres pour supprimer tout ou partie de ce qui circule sur son réseau. Nous allons tout de même tenter de reprendre le dialogue avec eux, de montrer, contenu par contenu, que nous n’avons pas à subir cette censure. Mais nous savons que notre meilleur arme dans cette lutte, ce sera l’écho que peut avoir notre situation. Et notamment l’écho sur les réseaux sociaux (drôle de paradoxe). Nous comptons donc plus que jamais sur vous pour relayer et visibiliser notre cas, qui malheureusement, sera de moins en moins isolé.

Quoi de plus normal que se faire striker d’un média capitaliste lorsqu’on affirme qu’il faut démolir le capitalisme nous direz vous ? Et bien nous n’avons pas de honte à venir sur son terrain pour perturber sa petite mécanique bien huilée. L’infrastructure des réseaux sociaux a notamment rendu possible la déferlante gilets jaunes qui a su amener le calendrier des exigences populaires comme un pavé dans la marre au sein du ronron politique et des médias du pouvoir.

Nous prenons les opportunités où elles sont pour rappeler partout que de démolir le système qui nous démolie est une question urgente et saine dans une société malade qui propulse l’idéologie néo-libérale et totalitaire. Il n’empêche que vous pouvez aussi nous rejoindre sur des réseaux libres que nous avons commencé à investir et qui correspondent plus à l’idée qu’on se fait de la liberté d’expression.




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