La conférence d’aujourd’hui, cible une nouvelle fois de menaces de l’extrême-droite sur les réseaux sociaux, et où aucun incident n’est à déplorer, prouve que derrière les raisons de "sécurité", c’est bien au contraire la question des violences policières qui dérange les présidents d’université. Après la réussite du meeting ’Contre les violences policières, le racisme et l’islamophobie : Faisons front !’ du 6 octobre à Tolbiac ayant réuni plus de 600 personnes, le gouvernement, aidé par les présidents d’université, cherche à reprendre la main et à lancer une campagne réactionnaire dans nos universités. Main dans la main, ils s’attachent à installer l’idée que dénoncer les violences policières et l’islamophobie, ce serait "soutenir le terrorisme" et cherchent à nous faire taire dans nos universités.

La conférence était principalement axée sur la question de l’islamophobie et du racisme d’État avec la participation de : Nacira Guonif, sociologue et militante antiraciste et féministe ; Omar Slaouti, militant des quartiers populaires ; Yasser Laouti, militant des droits de l’homme et des libertés publiques ; une étudiante témoignant du racisme au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) ; Hamid militant CGT, ancien gréviste contre la précarité et le racisme dans l’ESR. La famille d’Adama Traoré est aussi intervenue pour clôturer la conférence. Tou-te-s ont insisté sur la volonté de convergence des populations racisées, victimes du racisme et des violences policières, avec les syndicalistes combatifs réprimés dans leurs luttes. Omar Slaouti, notamment, s’est félicité de l’invitation faite par les syndicalistes de Goodyear, condamnés à 9 mois de prison ferme, aux victimes de violences policières à venir témoigner durant le rassemblement pour leur procès en appel qui s’est tenu le 19 et le 20 octobre. 

Cependant, il soulignait, comme de nombreux autres intervenants à la tribune et dans la salle, que ce soutien au mouvement ouvrier réprimé ne peut pas être un chèque en blanc mais doit être réciproque. De nombreuses prises de parole ont rappelé que trop souvent, le mouvement ouvrier et l’extrême-gauche n’avaient pas suffisamment pris en charge les questions de l’islamophobie et des violences policières.

Après l’épisode du burkini de cet été, les témoignages qui fleurissent de jours en jours de contrôles au faciès, de violences policières, d’étudiant-e-s ayant un traitement particulier parce que musulman-e-s, le traitement fait aux migrant-e-s, il est temps que la parole soit donnée aux personnes subissant l’oppression et l’exploitation, et que tou-te-s ensemble nous fassions front pour lutter contre cette surenchère liberticide, raciste, xénophobe, islamophobe. Une question d’autant plus urgente dans un contexte où les policiers, armes à la ceinture, manifestent impunément depuis plusieurs soirs dans de nombreuses villes de France, ravivant le spectre d’un saut supplémentaire de la répression et des violences policières.