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Politique

Une femme enceinte fait une fausse couche après une garde à vue à Paris

Mardi dernier, une femme enceinte de deux mois a été placée en garde à vue par des policiers du 12ème arrondissement à Paris. A la fin de sa garde à vue, elle avait perdu son enfant. L’Intérieur anticipe déjà un prochain scandale et Castaner a saisi l’IGPN...

vendredi 9 août

Mardi dernier, une femme enceinte de deux mois a été interpellée par la police du 12eme arrondissement à Paris. A l’issue de son interpellation et de sa garde à vue, elle a annoncé avoir des maux de ventre, avant le diagnostic du médecin : elle avait fait une fausse couche.

Les réactions de l’Intérieur ne se sont pas faits attendre. Alors que la violence structurelle des forces de l’ordre et la complicité des institutions censées les encadrer (IGPN, procureurs etc.) sont sous les feux des projecteurs suite à des mois de violence contre les Gilets jaunes, et plus récemment, à la mort dramatique de Steve à Nantes le soir de la Fête de la musique. Les déclarations honteuses du Premier Ministre qui arrivent dans un même temps à présenter ses condoléances à la famille et à nier la responsabilité de la police puis la démonstration, pour ceux qui devaient encore être convaincus de la brutalité des forces de répression de l’Etat, par la BAC de Nantes et des autres polices locales lors des manifestations en hommage à Steve qui cherchent apparemment à contredire le gouvernement : ce ne sont pas des individus isolés un peu trop violents, qu’une enquête inutile de l’IGPN suffirait à calmer, mais bien une pratique quotidienne et structurelle du bras armé de l’Etat.

Dans ce contexte, de même qu’au lendemain de la mort de Steve (avant d’attendre trois semaines pour déployer des moyens conséquents pour le retrouver), après l’annonce de la fausse couche de cette femme, Castaner s’est empressé de saisir l’IGPN et de suspendre un policier. Une manœuvre qui doit aller aussi dans le sens de préserver l’institution et le commandement en épinglant au mieux une erreur individuelle.

D’ailleurs, les articles qu’on a pu voir paraître ces derniers jours dans les médias dominants au sujet de cette affaire semblent accablants : ne citant que des sources policières, et employant des euphémismes à foison (les policiers ont dû « maîtriser » la jeune femme, décrite de bout en bout comme violente). Le terrain est bien préparé pour l’IGPN qui doit désormais analyser les vidéos du commissariat pour déterminer si oui ou non le policier suspendu a porté des coups au ventre de la femme qui a porté plainte. Pourtant, la préfecture a déjà tranché : il n’y pas de lien de causalité. Ce même fameux lien déjà absent entre la charge de police du quai Wilson et la mort de Steve.

Pour ce qui est de faire éclater la vérité, le lien de causalité avec l’IGPN a déjà été à plusieurs reprises mise à mal. Rappelons, pour ne citer que cas tragique, la mort d’Adama Traoré, dans un commissariat. Mort que la police a cherché à masquer jusqu’au bout en usant de divers stratagèmes en jouant sur le deuil et le choc de la famille.

Crédits photo : Clément Follain / 20 Minutes




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