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Notre classe

La Poste sur les traces de France Telecom

2 suicides en 15 jours chez les postiers de Dordogne

Une ambiance mortifère. Depuis sa privatisation, les suicides se multiplient à La Poste. En seulement deux semaines, 2 postières travaillant dans le même département, ont mis fin à leur jours.

Crédit photo : Eric Gaillard / Reuters

Le Mercredi 24 octobre, la première avait ouvertement désigné ses conditions de travail comme motif de son suicide. Exactement deux semaines plus tard, une postière de Saint Astier est aussi passée à l’acte. Le plus triste, c’est que cela n’a rien d’inédit. Les messages de détresses qu’ont laissé ces deux postières, ne font que rejoindre une situation déjà alarmante.

Déjà en 2016, 50 employés de La Poste avaient mis fin à leurs jours. Pour ce qui est des autres années, l’entreprise communique peu dessus, on devine bien pourquoi. Dans la lignée de France Télécom, les « restructurations » et méthodes de management détruisent postiers et postières. Les moins « solides » sont souvent pris pour cible tandis que les cadences de travail ne font qu’augmenter. Peu de CDI sont remplacés laissant la place à de la sous-traitance. Ceux encore titulaires voient leurs conditions de travail se dégrader et beaucoup craquent sous la pression...

La direction de La Poste, peut se dire « très attristée » par ces décès, mais ne remet aucunement en cause ses pratiques. Pour les postiers en deuil, seule proposition de la direction : une cellule d’écoute psychologique. Une situation alarmante à laquelle on ne peut répondre par des mesures « pansements ». L’Etat, qui reste encore aujourd’hui l’actionnaire majoritaire de La Poste (74%), reste très discret sur la question. A l’image de l’ancienne DRH Sylvie François en 2012, la direction cherche à se déresponsabiliser tout en maintenant sa politique destructrice.




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