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Ni amendable ni négociable

200 cheminots à la rencontre intergares : « c’est aux cheminots de construire leur stratégie »

Les cheminots en grève de différentes gares de région parisienne se sont une nouvelle fois rassemblés, après leurs différentes AG interservices, pour la rencontre intergares au bout du quai 36 de la Gare du Nord. A 10 jours de la fin du calendrier de grève initial, et malgré les taux de grévistes à la baisse, ce sont 200 cheminots qui étaient réunis autour du retrait du pacte ferroviaire sans négociations et pour penser une stratégie pour les semaines à venir.

En dépit du vote de la loi sur lequel s’appuie le gouvernement pour discréditer le mouvement des cheminots, ces derniers étaient à nouveau en grève aujourd’hui. Comme lors de chaque journée de grève, les cheminots ont tenu les piquets de grève le matin avant de se retrouver en AG interservices puis de se rendre, pour nombre d’entre eux en région parisienne, à la rencontre intergares mise en place il y a plusieurs semaines.

Un cadre qui permet aux cheminots de différentes gares parisiennes qui souhaitent décider de leur mouvement par la base et non à une stratégie qui confisque la possibilité d’être auto-organisé de se retrouver pour échanger sur le mouvement et discuter des perspectives à lui donner. Un cadre réellement investi par les cheminots qui étaient, en dépit des chiffres en baisse, toujours aussi nombreux à cette réunion : plus de 200 et sans les délégations de province cette fois-ci. Et les cheminots et cheminotes qui viennent de différentes gares de région parisienne comme Le Bourget, Paris Nord, le Technicentre le Landy, Paris Saint-Lazare, Austerlitz, Paris Est, Achères, Juvisy, Mantes-La-Jolie, ou encore Châtillon, commencent à se connaître. Ce lundi, ils ont fait une « photo de groupe » pour exprimer leur soutien à la mobilisation pro-IVG en Argentine qui a remporté une victoire historique.

Après le tour des AG des différentes gares, les cheminots ont ouvert un débat sur les suites à donner au mouvement. Pour Gaspard* cette semaine est « un moment charnière » alors que la fin du calendrier approche et que rien n’est prévu après la manifestation interprofessionnelle du 28 juin. Pour G., s’il n’y a pas de perspectives « c’est aux cheminots de construire leur stratégie ». Plusieurs cheminots se sont alors exprimés pour expliquer que l’enjeu des semaines à venir est de continuer à ramener du monde dans les assemblées générales pour ne pas « voter la reconductible à trois ». Pour « aller tirer les cheminots », Anasse pense qu’il faut développer des AG au niveau de chaque service pour redynamiser les AG interservices et pouvoir amplifier le mouvement.

Une proposition soumise alors que l’interfédérale se réunit demain pour discuter de la suite à donner au mouvement après le 28 juin en sachant que la CGT de son côté a déjà déclaré qu’elle appelait à des journées de grève en juillet. Pour les cheminots de l’intergares la question est de savoir comment remobiliser les cheminots après le 28 juin, « aller chercher la gagne » ainsi que se préparer aux attaques locales ou régionales qui vont arriver.

Lors de cette intergares les cheminots ont également reçu la visite d’un gréviste de la RATP ainsi que d’étudiants de Paris 8 venus avec les exilés qui logent depuis plusieurs mois dans les locaux de l’université et dont l’expulsion par la direction est imminente. Ce vendredi, en soutien aux exilés de Paris 8 et aux cheminots, une soirée sera organisée dans les bâtiments de l’université.

Enfin, ils se sont donné rendez-vous pour une prochaine rencontre intergares le 27 juin. En attendant, dès demain, les cheminots de l’intergares entameront une nouvelle « tournée intergares » qui consiste à aller à la rencontre des cheminots des différentes gares parisiennes pour discuter de la mobilisation.

Crédits : Emmanuel Charmeline




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