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Politique

Devant la commission d'enquête de l'Assemblée

Affaire Benalla. Les mensonges du prefet de police

Devant la commission d'enquête de l'Assemblée, le 25 juillet dernier, Michel Delpuech, prefet de police, avait affirmé que les deux manifestants molestés par Alexandre Benalla n'avait pas leurs papiers et avait décliné de fausses identités. Par ailleurs, Delpuech avait affirmé, comme bien d'autres, ne pas connaître Benalla. Ces deux mensonges ont explosés en vol.

Crédits photo : Philippe CROS

Ce sont deux nouvelles révélations, paru ces 7 et 8 août respectivement dans Le Monde et le Canard Enchaîné, qui mettent à mal les déclarations de Michel Delpuech, prefet de police, lors de son audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée le 25 juillet dernier.

Tout d’abord, à propos des deux manifestants molestés par Alexandre Benalla, dont la fuite de la vidéo a déclenché le scandale. D’après Michel Delpuech, ces deux victimes des violences du désormais plus célébre barbouze de France « n’avaient pas de papiers sur eux » et avaient « déclaré de fausses identités ». Faux, d’après Le Monde, puisque ces deux personnes ont déclaré leur véritable identité. Une information confirmée par la sûreté territoriale de Paris, service sous l’autorité de la préfecture de police, et par la direction de sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). Le rapport de cette dernière mentionne l’exactitude du nom et de l’adresse du restaurateur grec et de la graphiste qui a présenté ses papiers à Philippe Mizerski, le major chargé d’accompagner Alexandre Benalla, et qui a lui même rédigé sa fiche.

Autant dire que la version de Michel Delpuech en prend un sacré coup, mais ce n’est pas tout, puisque ce mercredi 8 août, c’est au tour du Canard Enchaîné d’y aller de sa révélation. Ainsi, Delpuech avait affirmé, comme bien d’autres avant lui, ne pas connaître Alexandre Benalla. Or, l’hebdomadaire satitirique a révélé une carte de remerciement de Delpuech adressé à Alexandre Benalla, daté du 22 janvier dernier. La raison ? Benalla aurait envoyé des photos des forces de l’ordre au côté du couple présidentiel à Delpuech.

Il est donc avéré qu’à au moins deux reprises, Michel Delpuech a ouvertement menti devant la commission d’enquête de l’Assemblée. Un coup dur pour le prefet de police, alors que le gouvernement et La République En Marche a largement manoeuvré pour d’un côté préserver l’ensemble de l’éxécutif, et d’un autre côté cherché à faire retomber l’ensemble des conséquences de l’affaire Benalla sur la préfecture de police, et plus précisément sur Michel Delpuech. Que ce dernier soit mouillé dans l’affaire, cela fait peu de doute. Mais il est tout aussi clair que l’ensemble des hautes sphères de l’Etat sont plus ou moins en cause. En effet, le scandale Benalla n’est pas le fruit de « brebis galeuse », mais met à nu l’ensemble des dérives générées par l’appareil d’Etat.




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