Notre classe

Avec toujours les mêmes excuses ...

Airbus Helicopters supprime 582 emplois

Publié le 26 octobre 2016

Le chiffre est tombé. 582 emplois seront supprimés à Airbus Helicopters, sans compter les retombées sur les sous-traitants. Alors qu’on nous annonce, fin de quinquennat oblige, une baisse historique du chômage (sic !), on voit autour de nous se multiplier les PSE, restructurations et plans de départs "volontaires". Avec toujours les mêmes excuses...

Camille Pons

L’annonce de suppressions d’emplois était attendue, même si le nombre peut surprendre. Il surprend d’autant plus quand on connait le carnet de commandes d’Airbus, dont l’annulation de la vente des hélicoptères Caracal à la Pologne n’a absolument pas inversé la tendance. Dans l’article à ce sujet, nous écrivions : 
"Depuis Marignane, le PDG Guillaume Faury aurait annoncé la nécessité de "nouvelles mesures d’adaptation" face au carnet de commandes en baisse. Comprenez, des suppressions d’emplois.

Indépendamment de ce contrat, c’était déjà la rengaine qu’il entonnait depuis quelques mois, installant petit à petit l’idée selon laquelle il est normal que les emplois soient – toujours – la variable d’ajustement. Un argument d’une "filiale en mauvaise santé" d’autant moins crédible qu’Airbus est justement en train de finaliser sa fusion avec Airbus group. au 1er janvier 2017 en un seul et même groupe (au 1er janvier 2017, Airbus Group et Airbus ne formeront qu’un seul et même groupe : Airbus). Alors qu’il aura lui-même des "fonctions transverses" (puisqu’il sera chargé de l’ingénierie pour l’ensemble du groupe), comme de nombreux dirigeants, il prétend diviser les travailleurs du groupe en fonction de ses intérêts.

La fusion elle-même sert d’ailleurs de justification à d’autres suppressions d’emplois, pour "supprimer les doublons" , que le directeur général Marwan Lahoud a confirmées jeudi 6 octobre, par la "nécessité de mesures sociales"."
Le PDG a donc concrétisé ses projets en annonçant la suppression de 582 postes sur un effectif total de 9.200 salariés en France. Les suppressions de postes sont prévues sur les deux principaux sites de Marignane (Bouches-du-Rhône) et de La Courneuve, (Seine saint Denis), entre 2017 et 2018. 
Comme dans toute bonne communication patronale lorsqu’il s’agit de supprimer des emplois, il a insisté sur le caractère inéluctable d’une telle décision, en prenant pour excuse l’exemple des annulations de vente à la Pologne et en insistant sur le fait qu’il n’y aurait aucun licenciement sec, mais uniquement des "départs volontaires". La même communication était déjà de mise lors de l’annonce du PSE à Latécoère.

On peut d’ailleurs discuter du terme de "volontariat". S’il n’y avait pas ce plan annoncé, et la promesse d’indemnités de départ - dont les salariés se rendent compte après coup du peu qu’elles représentent par rapport à la perte d’emploi- y aurait-il vraiment 582 ouvriers qui "volontairement" quitteraient l’entreprise, avec les risques de ne pas retrouver de travail que cela implique... ?
De plus, on sait que des suppressions d’emplois aussi nombreuses, licenciements secs ou non, représentent une augmentation de l’intensité du travail pour "ceux qui restent". 

Dans un contexte où l’on nous explique qu’accepter les baisses de salaires et les suppressions de postes, c’est défendre en fait les emplois car "sinon, ça serait pire", nous devons au contraire défendre nos emplois et nos conditions de travail pied à pied, refuser les fausses excuses invoquant telle ou telle difficulté du marché, argument d’ailleurs particulièrement ridicule dans le cas d’Airbus. Nous devons aussi refuser les quelques miettes concédées pour mieux accepter les attaques. Ce n’est pourtant pas, malheureusement, ce que fait le syndicat CFTC qui se contente de déclarer à Reuters, par la voix de son président Marc Dehan : "Nous voulons nous assurer qu’il y aura des mesures égalitaires entre la France, l’Allemagne et l’Espagne"…