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Aix-en-Provence : 130 personnes réunies en Assemblée Générale contre le « Plan étudiant »

La lutte s'organise contre le projet de sélection et de casse de l'Enseignement Supérieur. Une assemblée générale était à l'initiative du collectif DESIRS appelant l'ensemble de la communauté universitaire à se mobiliser contre le « Plan étudiant » du ministère. Elle a eu lieu sur la faculté des Arts, Lettres, Langues et Sciences humaines d'Aix-Marseille Université. Cette AG fait suite à l'assemblée du 28 novembre ayant eu lieu sur le site de Saint-Charles à Marseille.

Ce sont 130 personnes qui étaient réunies en Assemblée Générale ce mardi à l’appel du collectif DESIRS sur le campus aixois des facultés d’Aix-Marseille Université. L’assemblée était composée majoritairement de personnels de l’Université, avec une large part d’enseignant.e.s de différentes composantes et d’autres campus de l’Université. Quelques étudiant.e.s étaient également présent.e.s.

Cette assemblée a tout d’abord eu pour but de sensibiliser et de communiquer sur cette réforme. En effet, la direction ne communique pas sur ce sujet et face à la rapidité de la mise en place de ce plan, il est nécessaire de rappeler les points fondamentaux de cette casse de l’Université :
– La mise en place de la nouvelle plateforme « Parcours Sup » avec dix vœux, non hiérarchisés, et accompagnés pour chacun d’une lettre de motivation.
– L’article 2 du projet prévoit un accès prioritaire des meilleur.e.s bachelier.e.s pour chaque filière par pourcentage fixé par décret par le gouverment. Ces pourcentages ne sont pas connus à ce jour.
– Mise en place des attendus de chaque formation. Il s’agit de la nouvelle formule utilisée pour parler des prérequis. Les futur.e.s étudiant.e.s seront sélectionné.e.s pour entrer à l’Université en fonction de critères émis par chaque filière basés sur des connaissances fondamentales, les notes sur des matières clées en première et en terminale, voire même un engagement associatif qui est un exemple donné par la ministre elle même. Chaque établissement aura la possibilité d’exiger le niveau qu’il souhaite créant donc des disparités à l’échelle nationale.
– Fin de la licence en 3 ans. Le mot d’ordre est à la personnalisation des diplomes, chaque étudiant devra choisir des Unités d’Enseignements pour un total de 180 crédits et pourra les effectuer en 2, 3 ou 4 ans. A noter que certains seront dirigés vers une obligation de remise à niveau en fonction des moyens de l’établissement. Chaque étudiant.e devra signer un contrat pédagogique.
– Fin de la compensation entre les notes et les semestres. L’étudiant.e devra obtenir la moyenne dans chaque UE

Outre la tribune, le président local de l’Unef est intervenu ainsi qu’une représentante du syndicat FO.

Les dangers que représentent chacun de ces points ont été discutés.
Il a été soulevé que l’augmentation du budget pour l’Enseignement Supérieur, à hauteur de seulement 0,7% par an, ne sera pas à la hauteur de la mise en place administrative d’une telle réforme. Pour rappel, le budget est en baisse depuis une dizaine d’année, à hauteur de moins 10% par étudiant depuis dix ans.
La présence croissante du patronat au sein de l’Université a été dénoncée ainsi que la volonté par cette nouvelle loi de casser l’enseignement et l’accès au savoir au profit de formations en fonction des besoins du patronat.
Les interventions de la salle se sont posées contre la sélection à l’entrée de l’Université et la licence personnalisable qui vont créer des diplômes et des Universités à deux vitesses.
Le calendrier de la réforme, imposé par le gouvernement, a été vivement critiqué. Il est caractérisé, comme l’ensemble des réformes sous la présidence Macron, par une volonté d’aller le plus vite possible afin d’étouffer toute mobilisation. Cette réforme sera débattue courant décembre à l’assemblée en accéléré avant d’être adoptée dès janvier. La période choisie rend difficile la mobilisation étudiante par les fêtes de fin d’année mais surtout les partiels du premier semestre. On notera que le vocabulaire choisi pour parler de cette réforme par le gouvernement ainsi que le rappel incessant du tirage au sort sont également utilisés afin d’endormir les consciences sur cette casse de notre système d’enseignement supérieur public.

La date de mobilisation du 12 décembre a été rappelée ainsi qu’un appel à des motions à émettre pour les conseils d’UFR pour se prononcer contre cette loi.
On retiendra qu’une intervention a particulièrement marqué l’assemblée car appelant à une mobilisation concrète des étudiants et de l’ensemble de la communauté universitaire contre ces attaques notamment en sensibilisant les étudiants à la disparition de la compensation des notes et des semestres.

Une nouvelle AG se tiendra ce jeudi 7 novembre, à 12h30, sur le site de Saint Charles, à Marseille.




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