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Monde

Son deuxième client……

Assassinat du journaliste saoudien : Macron refuse de répondre sur la levée des ventes d’armes

Il y a trois semaines, le 2 octobre dernier, Jamal Khashoggi était assassiné au consulat Saoudien à Istanbul par des agents de Riyad. Suite à quoi Peter Altmaier, ministre Allemand de l'économie, a demandé à l'ensemble des États occidentaux de cesser leurs ventes d'armes à l'Arabie Saoudite. Face à cette demande, Macron ne semble pas enclin à suivre la directive donnée par le ministre allemand.

Jamal Khashoggi, journaliste saoudien s’est fait assassiné au consulat saoudien de Turquie, puis a été découpé en morceaux à l’aide d’une scie à os. L’Arabie Saoudite a d’abord avancé la thèse d’une « bagarre » qui aurait conduit le journaliste à se faire tuer. Thèse qui n’a pas réussi à convaincre les principaux pays occidentaux, ce qui a conduit l’Arabe Saoudite à reconnaître qu’il s’agit bien là d’un assassinat. Cette affaire bouscule les relations établies entre l’Arabie Saoudite et la Turquie, mais aussi les relations avec son puissant allié Étasunien. Une affaire qui va jusqu’à mettre en cause le prince saoudien Mohamed Ben Salman.

Par ailleurs, le meurtre de Jamal Khashoggi a obligé l’Allemagne à une réponse forte au travers de la chancelière et du ministre de l’économie. L’État allemand s’engage à suspendre les ventes d’armes à destination de l’Arabie Saoudite tant que le problème n’aura pas trouvé de résolution, et demande à l’ensemble des pays occidentaux de faire de même.

Suite à cette interpellation qui attrait à des enjeux politiques aussi bien à l’internationale qu’à un niveau intérieur, cette dernière n’a pas plu à certains, à commencer par les Etats-Unis de Donald Trump qui a déclaré que l’arrêt des exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite serait plus préjudiciable aux Etats-Unis qu’à l’Arabie Saoudite elle-même. D’autre part, le parlement espagnol a lui aussi refusé de suivre cette demande et ne stoppera pas non plus ses ventes d’armes vers l’Arabie Saoudite.

Mais celui qui paraissait le plus gênée par cette situation est le président Macron. Présent au salon Euronaval, regroupant plusieurs industries de la construction navale de défense, le président a refusé de répondre aux journalistes sur cette affaire : « Je suis sur un autre sujet. Ça n’a rien à voir avec le sujet que je suis en train de traiter. Rien. Rien. Donc je n’y répondrai pas ».

Détournant le sujet et ne donnant pas la moindre réponse, le flou que laisse paraître Macron en dit long.

En effet, les intérêts cachés derrière cette histoire sont de l’ordre de milliards d’euros de vente d’arme pour l’industrie de l’armement française. Pour illustration, entre 2008 et 2017, les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite représentaient plus de 11 milliards d’euros selon un rapport officiel du parlement. Ces milliards font de l’Arabie Saoudite le deuxième client de la France en termes de vente d’armes, client que Macron n’a donc pas intérêt sanctionner

On comprend mieux le silence de Macron sur la question de l’atroce meurtre de Jamal Khashoggi et vis-à-vis de la demande de la chancelière allemande. La rupture des contrats d’exports d’armes avec l’Arabie Saoudite représente un énorme manque à gagner pour l’industrie de l’armement française qui de fait place le président Macron dans une situation délicate.

Mais quelle utilisation est faite de ces armes françaises par l’Arabie Saoudite ?

Amnesty International a mené un rapport confirmant l’utilisation d’armement Français, notamment des chars et des avions de chasse, par l’Arabie Saoudite pour attaquer le Yémen. La situation déjà difficile des yéménites est lourdement aggravée par les assauts saoudiens qui force même la très impérialiste Organisation des Nations Unis à déclarer que plus de 75% de la population du Yémen voit sa vie mise en danger du fait de ce conflit.

Pour la bourgeoisie Française et le président Macron, l’assassinat de Jamal Khashoggi et la mort de milliers de yéménite laissent Macron dans l’embarras. Il a, dès le soi-même, affirmé être prêt à des « sanctions internationales », après un entretien… avec le roi saoudien.




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