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Politique

« Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail »#MaBlagueNulle

Avec Blanquer, la haine anti-profs du Medef se dégaine à coup de twittos.

Avec Jean-Michel Blanquer, au poste de ministre de l’Education nationale, le Medef se sent pousser des ailes, et Gattaz se lâche. Et ça donne ça : « Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail », associé au hashtag #maBlagueNulle, sur le compte Tweeter de l’organisation patronale. Le ministère de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, aura beau feindre la réprobation sur la toile, exiger le retrait du tweet et multiplier les excuses… c’est pourtant lui qui prépare, en cuisine, un véritable plan patronal pour l’éducation.

Balancé sur le compte twitter du Medef, le slogan « Si l’école faisait du travail, j’aurais du travail » passe très mal aux yeux de la toile et du corps enseignants. Très polémique, il s’inscrit dans une campagne de communication du patronat qui ne l’est pas moins - « éduquer mieux, former toujours » (sic)- qui n’est autre qu’une réelle campagne de sape de l’école publique, de ses programmes, de son corps enseignant.

Contre un modèle d’éducation de l’éveil culturel et de l’émancipation par le savoir, - auquel l’école républicaine est pourtant loin de correspondre -, le Medef se lance dans la promotion d’un modèle éducatif basé sur l’appropriation de compétences, répondant aux nécessités directes des entreprises, dont la réforme du collège de Vallaud-Belkacem a déjà apporté une pierre à l’édifice. Mais Gattaz et consorts veulent aller plus loin, plus vite.

Dans cette course, Blanquer semble le partenaire idéal, lui qui s’est rendu le 30 aout dernier, à l’université du Medef de Jouy-en-Josas. Son programme idéologique, pour l’éducation, est tout tracé, avec ses charges contre le soi-disant « égalitarisme », les « méthodes pédagogiques fragilisantes » et son goût pour la « méritocratie ». On sait bien, depuis les travaux de Pierre Bourdieu, à quel point cette idéologie sert de masque à la reconfiguration des inégalités sociales en inégalités scolaires. Blanquer, l’ancien président de l’ESSEC avant de devenir ministre, c’est la politique du retour de la sélection à l’université, de la réforme du bac et du renforcement des inégalités territoriales… On voit à quel point ces projets sont compatibles avec les ambitions du Medef pour l’école.

Avec un tel pilote à la tête de l’éducation, pas étonnant que le Medef ne sente suffisamment gonflé à bloc pour sortir une telle campagne. Ce qui l’est plus en revanche, c’est la réaction de Blanquer en réponse à ce tweet, qu’il a fermement condamné : craindrait-il un effet mobilisateur, plus encore après la sortie du président sur les « fainéants », au sein des personnels de l’Education nationale ? En attendant le 10 octobre, et la mobilisation de l’ensemble de la fonction publique, alors que les grèves perlées se poursuivent, notamment dans les établissements du 93, c’est du moins, ce que l’on espère.




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