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Avec le « Trumpcare », 51 millions d’américains sans couverture maladie en 2026

Donald Trump en a fait un cheval de bataille. Si le Sénat confirme sa réforme du système de santé, ce sont 51 millions d’américains qui seront sans couverture maladie à l’orée 2026, selon le bureau du budget du congrès (CBO).

La Chambre des représentants a adopté le « Trumpcare », seconde version

Donald Trump en avait fait une promesse de campagne forte, pour marquer une véritable rupture avec l’administration Obama. Le remplacement de l’Affordable Care Act, votée en 2010 et plus connue sous le nom d’ « Obamacare » est en effet dans le viseur de Donald Trump, et ce depuis son investiture . L’ex-président Obama avait adopté comme principale réforme sociale « progressiste », un texte de refonte du système de santé américain. Un réforme déjà ô combien insuffisante puisque, début 2015, 13,2 % de la population américaine étaient dépourvus de toute couverture maladie.

Que neni pour Donald Trump, bien décidé à durcir le ton et à revenir sur cette petite avancée sociale de l’ère Obama. Pourtant, à la fin du mois de mars dernier, c’est un premier revers pour le nouveau président. La monture de son « Trumpcare » est abandonnée, constituant jusqu’alors l’un des principal échec (d’une longue série) de son début de mandat, fragilisant sa position. Cependant, un « nouveau » texte, quasiment identique à celui de mars dernier, est passé à l’épreuve du feu de la Chambre des représentants. Et cette dernière l’a adopté à une très courte majorité. Il convient donc aujourd’hui au Sénat de se pencher sur le texte, pour adopter ou non cette réforme qui devrait condamner des millions d’américains supplémentaires à ne plus être couverts par le système de santé.

Des économies colossales… et 51 millions d’américains sans couverture maladie en 2026

Du côté de la Maison Blanche, on assure que « L’histoire a prouvé que le CBO est totalement incapable de prédire avec justesse l’impact de la législation de l’assurance-santé sur la couverture » et qu’il est tout à fait indispensable d’« abroger et remplacer la désastreuse loi Obamacare » par le « Trumpcare », « qui va réformer notre système d’assurance-santé cassé et en créer un qui va aider tous les Américains à accéder à des soins de qualité avec davantage de choix et des coûts réduits ». Le paradis sur terre donc, à en croire les dires des hautes sphères de l’État, qui entend renouer avec une politique qui a pourtant démontré au cours de l’histoire récente des États-Unis son efficacité pour rendre inaccessible à des millions de travailleurs et aux couches populaires en général, toute couverture maladie.

Si à l’horizon 2026, le maintien de l’ « Obamacare » prévoyait un total de 28 millions de personnes sans couverture maladie, le système de santé version Trump devrait exclure près de 51 millions d’américains d’accès à ce droit élémentaire ! Un chiffre colossal, qui s’explique par le moins mis en avant chiffre des économies réalisées au prix de cette misère généralisée : En effet, le déficit public américain devrait baisser, entre 2017 et 2026, de 119 milliards de dollars grâce au « Trumpcare »… Et il est certain que les assurances privées, si elles réalisent déjà de fructueux profits avec le système actuel, devraient voir leurs dividendes augmenter fortement sur cette même période. Une preuve de plus, s’il en fallait encore, que Trump, loin de la posture antisystème sur laquelle il a bâti sa victoire aux présidentielles, défend avec ardeur les intérêts des classes dominantes, quitte à plonger des millions de travailleurs dans la misère sociale, ici sur le terrain sanitaire.

Pour Trump, une bataille a gagné pour retrouver un peu d’oxygène

Mais au-delà de l’aspect abject de sa réforme, l’adoption de cette réforme par la Chambre des représentants est un énorme bol d’air frais pour Donald Trump. En effet, son incapacité à promouvoir sa politique jusqu’alors avait grandement fragilisé le néo-président, au point où les risques d’une destitution commençaient à poindre le bout de son nez.

C’est pourquoi, l’abrogation de la réforme la plus emblématique de l’ère Obama est pour Donald Trump, une façon de s’affirmer et de se re-légitimer auprès de sa base sociale, sur fond d’attaque contre les acquis sociaux, mais aussi auprès de fractions des classes dominantes. Le message envoyé est clair : Trump veut apparaître comme tout à fait capable de mener une série de mesure d’attaque contre les travailleurs, et de défendre au mieux les intérêts de la bourgeoisie étasunienne. Reste maintenant à savoir si, d’une part, le Sénat adoptera le « Trumpcare » et, d’autre part, si une telle attaque provoquera ou non des ripostes sur le terrain de la lutte des classes.




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