^

Politique

Affaire Benalla

Avion privé, séjour à l’hôtel Hilton… Le luxueux voyage au Tchad d’Alexandre Benalla

Benalla, loin de tirer un trait sur sa vie de barbouzerie auprès des hauts gradés de la Macronie, se refait une santé au Tchad, auprès du frère du président tchadien qui gère la Direction Générale de la réserve stratégique. Toujours au plus proche du pouvoir.

Crédit photo : Reuters

Alexandre Benalla est mis en examen pour son implication dans les violences lors de la manifestation du 1er mai. Il est inculpé pour « violence en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique », « port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », « recel de violation du secret professionnel » et « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection ».

Pourtant, il se porte si bien qu’il a lancé une société de « sécurité internationale », et s’est rendu il y a deux mois au Chinese Business Club à Paris, dînant avec des hommes d’affaires bien connus. Loin de s’arrêter sur une si bonne lancée, loin de s’éloigner des sphères du pouvoir et se faire discret, on le retrouve cette fois-ci dans la capitale du Tchad, N’Djaména, aux cotés du frère du président tchadien Oumar Déby, qui pilote la Direction Générale de la réserve stratégique.

Pour venir rencontrer cet homme si haut placé, Benalla ne s’est pas déplacé sans sa cour. En effet comme l’explique une des sources du Monde « il est venu accompagné d’une demi-douzaine de personnes ». Et pour sa seigneurie, le confort est de mise : Déplacement en avion privé, séjour à l’hôtel Hilton, entre autres. On ne compte pas quand il s’agit d’affaires…

Macron, suite à cette visite, s’est senti obligé de déclarer que « cette personne n’était en aucun cas un intermédiaire officieux ou officiel », lors de son passage au Tchad pour les fêtes de Noël aux côtés des militaires. Si Macron a régit ainsi au sujet de la venue de Benalla, qui précédait de peu la sienne, c’est bien parce que le nom de Benalla est associé à l’affaire de barbouzerie qui a ébranlé l’exécutif cet été, et un nouveau scandale l’impliquant serait mal venu en pleine crise des Gilets Jaunes.

Car avec ce voyage de proches ou d ’ « anciens proches » de Macron en Afrique c’est l’idée d’intermédiaire qui refait surface, celle d’hommes d’affaires qui représentent officieusement les intérêts des gouvernements impérialistes dans les pays coloniaux. Si Macron avec sa déclaration tente de faire oublier cette réalité, c’est sans compter sur les ressources inépuisables de son ancien adjoint au chef du cabinet, Alexandre Benalla. En effet celui-ci ne se contente pas de voyages luxueux et de rencontres avec de riches dirigeants, il a aussi rencontré plusieurs fois Alexandre Djouhri, homme de l’ombre de la Françafrique, arrêté en janvier et cité dans l’affaire Kadhafi. De quoi décrédibiliser les propos de Jupiter.




Mots-clés

Affaire Benalla   /    Emmanuel Macron   /    Françafrique   /    Politique