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Politique

Stratégie de la tension

Blindés déployés, commerces fermés, cortèges coupés : les provocations policières visent à instaurer un climat de terreur

De quoi instaurer un climat de terreur et de « guerre civile », le tout relayé par les médias qui montent en boucle les images de commerces barricadés, de ruelles fermées par les forces de l'ordre. Comme si les gens étaient d'abord venus pour casser des vitrines, et non pas manifester contre la casse sociale organisée par le gouvernement.

De multiples vidéos et photos circulent. On y voit, pour la première fois à Paris, des blindés de 13 tonnes déployés. Des panneaux de bois recouvrent intégralement les commerces aux alentours. Construire un climat anxiogène pour provoquer, et délégitimer du même coup les manifestants.

Un dispositif de quasi-guerre civile ?

Le gouvernement avait prévenu. C’est un dispositif d’une ampleur exceptionnelle qui est mobilisé. Après avoir été débordé la semaines dernière, Christophe Castaner, le Ministre de l’Intérieur, compte bien essayer de re légitimer l’autorité d’Etat contre les gilets jaunes qui aujoud’hui remettent en cause sa politique anti-sociale et antipopulaire.

Pour la première fois, des blindés, une dizaine sur Paris, monstres sur roues de 13 tonnes, capables de tirer du gaz lacrymogène depuis une tourelle, sont mobilisés au cœurs de Paris. La dernière fois c’était à Notre-Dame-des-Landes. Mais ils ont aussi été déployés au cours des révoltes des banlieues en 2005, ou encore en interprétations interarmées au Kosovo. On peut désormais les apercevoir au cœur de Paris, boulevard Haussmann, ou encore à Bastille. Mis en place dans les points chauds de Paris, leur fonction est à la fois d’offrir une « protection » aux forces de l’ordre pour tenir à distance les manifestants et de déblayer les barricades qui pourraient être montées. Tout cela permet d’étayer son discours de « guerre civile ».

Multiples provocations policières

Car au-delà du dispositif exceptionnel mis en place, c’est surtout la tactique des forces de l’ordre qui vise, par de multiples provocations, à générer des tensions et débordements. Au-delà des interpellations massives, à presque 500 en fin de matinée ; de nombreuses vidéos font état de véritables tactiques de harcèlement. Des cortèges sont coupés en deux, puis nassés un moment, avant de laisser repartir, pour ensuite les bloquer dans une rue adjacente.

Les forces de l’ordre, plus mobiles, s’adaptent à la nature inédite, totalement spontanée des manifestations, en déployant elles aussi des unités mobiles, systématisant les contrôles d’identité et les interpellations pour des faits mineurs.

Avec cette stratégie, le gouvernement tente de faire passer au second plan les revendications des manifestants pour construire son discours et se rélégitimer alors qu’il fait aujourd’hui face à un mouvement des gilets jaunes, mais aussi de nombreux travailleurs, cheminots, jeune des quartiers populaires, des lycéens qui s’opposent à Macron et à sa politique anti-sociale et anti-populaire. Il s’agit de remettre au centre du jeu les revendications centrales qui ont forgé le mouvement à commencer par le rétablissement de l’ISF, l’augmentation du SMIC, l’indexation des pensions et allocations à l’inflation. Ce sont trois des revendications des Gilets jaunes que devraient défendre tous les travailleurs !

Crédits photos : AFP




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