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Brésil. Des pro-Bolsonaro agressent la sœur de Marielle Franco, militante afroféministe assassinée

La sœur de Marielle Franco, Anielle, a dénoncé hier soir sur son compte Facebook avoir été agressée par un groupe de partisans de Bolsonaro, portant son tee-shirt de campagne, alors qu’elle sortait de chez elle avec sa fille de deux ans, pour se rendre au travail.

Après le meurtre de sa sœur Marielle Franco, militante afroféministe noire, par l’État de Rio de Janeiro le 14 mars dernier, Anielle a décidé de sortir du silence. Mais son combat pour la justice et la vérité ne semble pas passer auprès des partisans du candidat réactionnaire Jair Bolsonaro. Les agresseurs d’Anielle lui ont crié à la figure « barre-toi de là, sale féministe ! », devant sa fille terrifiée.

Dès le lendemain de l’arrivée en tête du premier tour de la présidentielle du candidat d’extrême-droite, son discours de haine a fait ses premières victimes avec une violence inouïe. Un maître de capoeira reconnu a été assassiné dans l’Etat de Bahia, et une journaliste a été agressée à Recife, capitale du Nordeste où le PT est arrivé en tête. Ainsi, les partisans de celui qui s’affiche comme le grand défenseur de l’ordre et de la sécurité ont multiplié les agressions violentes envers leurs opposants.

La haine de cette extrême-droite est telle qu’un candidat du parti de Bolsonaro, élu député, s’est pris en photo après avoir détruit une plaque d’hommage à Marielle Franco, qui avait été posée par les habitants pour renommer une rue de Rio de Janeiro. Marielle était contre l’intervention militaire du gouvernement fédéral à Rio, et ne cessait de dénoncer l’État et la situation des favelas.

Anielle Franco a également indiqué qu’elle ne portait sur elle aucun signe faisant une quelconque allusion politique ou partisane, mais que le seul fait d’être de la famille de Marielle Franco suffisait pour qu’elle soit perçue comme « dangereuse » aux yeux de ceux voulant détruire tous les vestiges de démocratie et de dignité du pays.

Ainsi, elle a publié sur son compte Facebook le message suivant :

« Peur !!!!
Depuis le 14 mars, je m’exprime depuis un point de vue différent. Un point de vue qui m’a été imposé. Je préférerais qu’elle soit en vie, plutôt que de devoir vivre et supporter ce que je vis. Je parle ici de personnes et même de faits !
J’ai commencé à m’exprimer au nom de la famille de la conseillère municipale morte / cruellement assassinée, et à partir de là certaines personnes ont commencé à me reconnaître dans la rue. Certains se reconnaissent dans mes sentiments… d’autres… voilà…
Aujourd’hui, avec ma fille de deux ans dans les bras, alors que je marchais dans la rue à côté d’un centre commercial, sans autocollant ni badge, sans tee-shirt revendicatif ni drapeau (c’était juste moi et Mariah, elle avec ses habits pour aller à la crèche, moi avec mes vêtements de travail), on m’a crié au visage – je répète : crié au visage - et par conséquent sur le sien (elle était évidemment terrifiée) - des cris comme quoi j’étais de « la gauche de merde », « barre-toi d’ici sale féministe », « Bolsonaro… piranha », par des hommes qui portaient le tee-shirt de campagne de ce candidat.

Alors oui, aujourd’hui j’ai eu peur ! Vraiment peur. Je ne devrais pas, mais j’ai eu peur. C’était effrayant. Surtout avec ma fille dans les bras. Si j’avais été seule, ça aurait été une autre histoire (ceux qui me connaissent le savent) !

Bon, je n’écris pas ce message pour que quiconque ait de la peine. Mais pour que vous repensiez votre façon de faire de la politique. A cause d’un sentiment anti-PT, vous préférez répandre la haine et la violence ?! En bref, votre candidat défend ce type de posture et d’autres choses bien pires ! Réfléchissez bien ! »

Ce n’est pas à travers ces élections manipulées par le pouvoir judiciaire et protégées par les forces armées que l’extrême-droite, qui propage cette haine des femmes, des Noirs et des LGBT comme Marielle Franco, pourra être vaincue. Pour cela, il est nécessaire de préparer une organisation forte de la classe ouvrière, de la jeunesse et des secteurs les plus opprimés par le capitalisme, qui soit en mesure de s’opposer au putschisme, en toute indépendance du PT.




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