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« Lava Jato »

Brésil. Le président Temer menacé de destitution face à des preuves de corruption passive

Alors qu’il a été absout par le tribunal électoral il y a moins d’une semaine, le président putschiste Temer a de nouveau une épée de Damoclès au dessus la tête : la police dit détenir des preuves de corruption passive. Pendant ce temps, l’offensive économique des pays impérialistes continue.

Michel Temer plus menacé que jamais

Énième rebondissement dans l’opération « Lava Jato », une opération d’épuration politique par le biais des institutions judiciaires. Après la destitution de Dilma Roussef du Parti des Travailleurs, c’est peut être au tour de son remplaçant Michel Temer, d’être destitué de son poste. L’étau autour du président s’est resserré ces dernières semaines : après l’incarcération d’Eduardo Cunha, le député qui a monté la destitution de Dilma Roussef, c’était au tour de Sergio Cabral, ex-gouverneur de l’Etat de Rio, de tomber pour corruption la semaine dernière. Alors que le président perd ses soutiens un à un, les révélations continuent : fin mai, le géant de l’agroalimentaire JBS révélait que le président avait poussé l’entreprise à verser des pots de vins à Cunha pour que celui reste en prison et ne parle pas. L’enquête diligentée par la police a abouti hier à des révélations dans la presse, qui expliquaient que la police disposait de preuves de « corruption passive » et indiquant l’implication du président. De plus, les preuves semblent prouver les liens entre le président et l’ex-député Rodriguo Rocha, filmé en train de recevoir une valise de billets de pots-de-vin. L’ombre de la destitution et de la prison plane donc sur Temer, qui, pour empêcher sa traduction devant la Cour Suprême, devra éviter que les deux tiers du Parlement donnent l’assentiment à un tel jugement.

Pendant ce temps, les attaques impérialistes contre la bourgeoisie brésilienne continue

Derrière les innombrables rebondissements de la « Lava Jato » (le « lavage express »), point de « purge démocratique » destinée à assainir le régime brésilien. Au contraire, il s’agit, comme l’expliquent les militants du Mouvement des Travailleurs Révolutionnaires dans une récente déclaration, d’une guerre ouverte entre la bourgeoisie brésilienne, qui désire garder une indépendance économique conséquente, et les puissances impérialistes, notamment les Etats-Unis, qui cherchent à « ouvrir » à marche forcée le pays. Et pendant que Temer risque de perdre son poste, les attaques continuent contre la bourgeoisie brésilienne : le géant JBS, qui emploie 200 000 personnes dans le monde et dont le chiffre d’affaire est de 47 milliards de dollars, a été obligé de céder face aux pressions de ses créditeurs et a annoncé le 20 juin un plan de cessation d’actifs de près de 6 milliards de réals (1,8 milliards de dollars), notamment l’entreprise de volailles Moy Park, qu’elle a acheté en 2015 pour 1,5 milliards de dollars, ou encore le géant américain de la nourriture pour bétail Five Rivers Cattle Feeding. Ces cessions ont notamment dues à l’amende que JBS-Friboi a accepté récemment de payer pour ne pas être inquiétée dans la « Lava Jato » : cette amende de 3 milliards de dollars pèse aujourd’hui lourd dans le porte-feuille de l’entreprise, qui est donc obligé de céder des filiales. Si ces cessions affaiblissent le patronat brésilien, ce n’est pas au profit des centaines de millions de brésiliens, qui subissent aujourd’hui les attaques incessantes, concernant les retraites et leurs conditions de travail : c’est bien la bourgeoisie des pays impérialistes qui en profite, et qui y voit l’occasion de faire main basse sur l’économie d’un grand pays ce qu’on appelait encore hier les « pays émergents ».




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