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Monde

46% des voix pour le candidat d’extrême-droite

Brésil : les partisans de Bolsanoro multiplient les agressions misogynes, homophobes et racistes

Au Brésil, les meurtres et agressions homophobes et racistes se multiplient depuis les résultats du premier tour de la présidentielle, où le candidat Bolsonaro a obtenu 46% de voix. Depuis dimanche, plus de 70 cas ont déjà été recensés aux quatre coins du pays.

Depuis le premier tour des présidentielles brésiliennes où le candidat d’extrême-droite Bolsonaro a obtenu 46% des votes, une vague d’agressions racistes, sexistes et homophobes jaillit dans le pays. Ce sont plus de 70 attaques qui ont été recensées, à commencer par l’assassinat d’un des maître de capoeira les plus importants du pays, et militant pour la défense de la culture noire, Moa de Catendê, poignardé douze fois après avoir critiqué ouvertement le candidat qui se revendique de la dictature.

De même, la sœur de Marielle Franco, une militante afroféministe noire tuée en mars dernier par l’Etat de Rio de Janeiro pour avoir dénoncé l’intervention militaire du gouvernement fédéral à Rio, s’est faite agresser dans la rue par un groupe de militants pro-Bolsonaro alors qu’elle se rendait au travail avec sa fille de deux ans. Un député du parti du candidat d’extrême droite s’est même pris en photo après avoir détruit une plaque d’hommage à Marielle Franco.

Une jeune femme âgée de 19 ans a quant à elle été attaquée à Porto Alegre, elle portait un tee-shirt avec le slogan « Ele não » et s’est faite violemment agresser à coups de poing et de pied. Les agresseurs, des soutiens de Bolsonaro, l’ont ensuite mutilée en la marquant au canif par une croix gammée nazie sur le ventre.

Plus largement, ce sont des dizaines de témoignages d’agressions, racistes et homophobes, qui sont apparus sur les réseaux sociaux, alors que 67% de l’électorat féminin et LGBT est contre l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro. A l’image de l’histoire d’un coiffeur homosexuel vivant à Curitiba qui a lui été frappé à mort sous les cris de « Vive Bolsonaro ». Toujours à Curitiba, un étudiant a été agressé à coups de bouteille en verre devant son université pour avoir porté une casquette du mouvement des sans-terre (MST). Lundi, une femme transgenre a également été hospitalisée après avoir été battue par des partisans de l’extrême-droite.

Les résultats du 1er tour sont évidemment corrélés à cette série de meurtres et d’agressions aux quatre coins du Brésil. Ainsi les discours racistes, misogynes et homophobes de Bolsonaro, qui sont célébrés par ses partisans, de paroles, se sont transformés en actes après les élections de dimanche dernier. Un phénomène comparable à celui qui s’était produit aux États-Unis après l’élection de Trump, lui aussi réputé pour sa décomplexion à tenir des propos ouvertement racistes et sexistes, à l’image du scandale en 2003 lorsqu’il avait lancé à une députée qu’elle « ne méritait pas » qu’il la viole car elle était « très laide » ou lorsque qu’en 2011 il avait affirmé qu’il préférerait que son fils « meure dans un accident » plutôt qu’il soit homosexuel.

Quelques jours seulement après le premier tour des élections, ces attaques, comme l’agression brutale de la jeune femme à Porto Alegre et le meurtre du maître Moa, montrent que le discours d’extrême-droite de Jair Bolsonaro justifie l’accroissement de la répression et la persécution de ceux qui luttent contre le racisme, le machisme et la LGBTophobie.

Face à ce candidat ultra-réactionnaire, plusieurs centaines de milliers de personnes, majoritairement des femmes ont commencé à s’organiser dans la rue, un phénomène progressiste dans un pays où le mouvement de femmes est d’ordinaire assez faible. Le mouvement #EleNão montre qu’il existe des forces pour résister à l’avancée de l’extrême droite. La mobilisation indépendante des travailleurs, des jeunes, des Noirs, des femmes, des personnes LGBT, et des sans-abris dans les rues, avec des grèves et des occupations, est le seul mouvement social qui, mené par les travailleurs, peut véritablement affronter l’avancée de l’autoritarisme et l’extrême-droite.




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