Politique

Pour Michel Sapin, le bilan de Hollande « il y a de quoi en être fier »

Budget 2017. Des annonces pour préparer la campagne électorale ?

Publié le 28 septembre 2016

Répondre à ses détracteurs et promouvoir la campagne de Hollande pour 2017 : voilà l’objectif des nouvelles annonces sur le budget de 2017. Avec Michel Sapin dans le rôle du bouffon du roi, et toujours plus d’attaques antisociales en ligne de mire.

Sarah Macna

Promesses : après le bâton, la carotte ?

Pour François Hollande et son gouvernement, l’argumentation est logique : après des années de politique austéritaire, il s’agit de matérialiser « les récompenses » des efforts faits par les travailleurs et les classes populaires. C’est dans cette logique que Michel Sapin, ministre du Budget, annonce en grande pompe en cette fin septembre que la dépense publique sera augmentée pour le prochain budget 2017 : 7 milliards d’euros supplémentaires pour les ministères, dont 3 milliards pour l’enseignement supérieur, près de 2 milliards pour la sécurité et pour l’emploi. Des « récompenses » en forme de carotte après des années d’attaques contre le service public. Alors que la grogne continue dans le service public de l’éducation, où les enseignants attendent encore les postes promis par Hollande, et que la situation dramatique dans les hôpitaux ne fait que s’accentuer, ses annonces cherchent à s’adresser aux déçus du PS. Et Michel Sapin de renchérir : le bilan de Hollande, « il y a de quoi en être fier ».

Mais ces quelques milliards ne doivent pas cacher la véritable logique néolibérale poursuivie par ce « nouveau » budget. Côté dette publique, c’est bien la même politique qui est poursuivie, avec à nouveau la promesse de résoudre le déficit public, en le faisant passer sous la barre des 3% du PIB et de stabiliser la dette. Une promesse que même le Haut Conseil des Finances publiques (HCFP) trouve bien « optimiste » au vu de la conjoncture économique, et de la crise générée par le Brexit. Car en définitive, les classes dominantes sont loin d’avoir trouvé un moyen pour résorber la crise économique qu’elles ont elles-mêmes créée.

Et pourtant, cela n’empêche pas le gouvernement de prévoir son dernier mandat budgétaire sur la même ligne que les précédents : hausse du « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE) qui accorde des allègements de charge au patronat, baisse d’un milliard d’euros de l’impôt sur le revenu et baisse ciblée de l’impôt sur les sociétés. En d’autres termes, une politique fiscale en faveur des plus riches et des patrons.

Des annonces pour défendre la campagne Hollande 2017

En définitive, ces annonces n’ont pas pour objectif de mettre en place une autre politique, mais de s’adresser à l’électorat. Quelques miettes (promises) pour les services publics, pour calmer la grogne, et la promesse de poursuivre sa politique pro-patronale, pour se présenter comme un candidat « valable » pour les classes dominantes en 2017.

Michel Sapin ne s’est d’ailleurs pas privé de tacler les adversaires de Hollande, principalement à droite : « Ceux qui se présentent à l’élection présidentielle, ou à l’élection préalable, à la primaire, en promettant des baisses d’impôts immédiates et en reportant la maîtrise des dépenses publiques à demain sont, je le dis, irresponsables. ». Ceux-ci ont déjà clairement annoncé la couleur de la politique budgétaire qu’ils souhaitent mener s’ils sont élus http://www.revolutionpermanente.fr/Primaires-a-droite-C-est-officiel-les-possedants-ont-sept-larbins

Derrière les annonces et les promesses, une même politique qu’il va nous falloir combattre, en imposant notre programme : pas question de payer leur crise !