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Politique

Cap ou pas cap ?

Cap 22. Des suppressions de postes et des coupes budgétaires à l’horizon

En octobre dernier, l’exécutif commandait un rapport pour réduire les dépenses publiques. Ce « comité d’action publique 2022 », autrement appelé cap 22 a pondu un premier rapport qui a fuité. Des hôpitaux à Pôle emploi, tout le monde y passe.

Le Figaro a eu accès à l’ébauche du premier rapport du « CAP 22 » taclant bien comme il faut les si problématiques dépenses publiques. Le petit groupe composé d’une quarantaine de chefs d’entreprise, directeurs d’instituts publics et autres experts de l’austérité prévoirait pas moins de 30 milliards d’euros d’économie. Ils ne sont en tout cas pas avare en suppressions de postes et destruction programmée des services publiques. Le projet compte pour l’instant une vingtaine de propositions, pas encore officialisées.

Le gouvernement continue dans la lignée des suppressions d’emplois dans le secteur public. C’est notamment du côté de Pôle emploi qu’elles vont se poursuivre. Édouard Philippe a déclaré dans un communiqué vouloir, dès la rentrée, « simplifier le fonctionnement du service public de l’emploi pour les usagers et de favoriser les mutualisations ». Derrière la question de la fusion et de mutualisation des différentes antennes de Pôle Emploi pour une meilleure « coordination », il y a surtout la possibilité pour le gouvernement d’entraîner une grande vague de suppressions de postes alors même que les services sont déjà saturés. Le joyeux groupe a aussi proposé l’ouverture à la concurrence de ce marché.

Du côté des fonctionnaires, c’est un « assouplissement du statut » qui est préconise, dans la lignée des annonces faites en début d’année prévoyant un plan de départs volontaires, et le recours multiplié à l’embauche de contractuels.

Pour les hôpitaux, le rapport évoque le développement d’une offre de soins plus locale, et d’une manière générale le transfert des compétences aux collectivités. Autant dire de la même manière que Macron avait déjà gracieusement confié aux collectivités la gestion des petites lignes de chemin de fer, ainsi vouées à disparaître faute de financements. Une gestion plus « locale » revient à une gestion avec encore moins de moyens puisque l’augmentation des budgets n’est pas sur la feuille de route du CAP 22.

Matignon a indiqué en réponse à l’article du Figaro : « Le gouvernement maintient sa méthode : travailler sur ses propositions, décider, publier le rapport après. », des réformes "à la Macron" qui ne prennent même plus le temps de s’encombrer de quelconques consultations. Si des annonces avaient déjà été faites, notamment autour des suppressions de postes de la fonction publique, le gouvernement comptait en appliquer les différents points au compte goutte. Différents plans du gouvernement ont déjà été repoussés puisqu’ils n’aurait pas été de « bon ton » de les annoncer au moment des mobilisations étudiante et cheminote.

Si le projet du cap 22 est encore nébuleux dans ses propositions concrètes, la logique générale elle est bien tangible : casser les statuts et se sortir du financement des services publics pendant que les cadeaux pleuvent sur le patronat. Il faut ce qu’il faut pour être attractif en limitant les fâcheuses "dépenses publiques". En attendant, les suites du rapport et les annonces officielles devraient arriver au compte gouttes durant l’été, moment d’accalmie, et à la rentrée. Entre la mise en place de la réforme des retraites, l’application de la réforme du rail, la gestion de scandales et les coupes budgétaires, la rentrée risque d’être bien chargée pour un Macron en baisse de popularité dans les sondages.

Crédits photos : Jacques Demarthon. AFP




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