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Politique

Dans la droite lignée de Colomb

Castaner augmentera d’un milliard le budget pour la répression

Le nouveau ministre de l'intérieur Christophe Castaner vient de dévoiler la feuille de route de son ministère. Sans surprise, le premier flic de France endosse les mêmes habits que son prédécesseur. Que ce soit au sujet des migrants ou des quartiers populaires, Castaner compte bien perpétuer la même politique ultra répressive que Gérard Collomb avant lui, et pour ça donner les moyens qu’il faut aux forces armées.

Photo : Serge Tenani.

Après le départ fracassant de Gérard Collomb, démissionnaire du poste de ministre de l’intérieur contre la volonté du Président dont il était un allié de la première heure, après le refus de plusieurs personnalités politiques de rejoindre le gouvernement, voilà finalement Castaner au poste de premier flic de France. Si Collomb et lui ne partagent pas la même vision de la loyauté envers leur protecteur, ils sont tous deux aussi portés sur la répression policière. Sa première interview au Journal du dimanche donne la tonalité de son plan de bataille en toute continuité avec la politique répressive du président des riches.

Encore une fois, alors que les budgets baissent pour l’ensemble des services publics, la police et les forces armées en général ne seront pas en reste dans les prochaines années du quinquennat Macron. Malgré les plaintes du syndicat de police Alliance qui dénonce un budget « largement insuffisant », les sommes supplémentaires qui seront allouées aux forces de répression pour les années à venir sont impressionnantes : 300 millions par an pour rénover l’équipement, 130 millions pour la modernisation des véhicules, 100 millions par an jusqu’en 2020 pour les locaux de la gendarmerie, 22,5 millions pour la DGSI et 380 millions d’ici 2022 pour la flotte aérienne.Soit en tout, près d’un milliard d’augmentation pour les forces de l’ordre.

A cela s’ajoutent les 2500 postes de policiers supplémentaires que le nouveau ministre veut créer dès l’année prochaine. À terme, il souhaite augmenter de 10 000 membres les rangs de la police et de la gendarmerie. Il s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet lors de son allocution au Sénat pour répondre aux violences commises dans les quartiers populaires et y a fustigé la réduction des effectifs par Les Républicains.

Continuant sur cette lancée qui le pousse à affirmer vouloir « reconquérir, mètre carré par mètre carré, la souveraineté républicaine » sur tout le territoire, Castaner a montré sa volonté de frapper fort en apportant son soutien à une enseignante menacée jeudi dernier par un élève à Créteil. Accompagné sur ce coup par Jean-Michel Blanquer, qui vient d’autoriser la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, à créer des brigades mobiles d’urgence dans les lycées, le premier flic de France compte enclencher un « plan d’action ambitieux » contre les violences faites aux enseignants. À l’heure où les réformes de Parcoursup, du lycée et du bac mettent à mal le service public d’enseignement, la réponse du gouvernement repose uniquement sur la répression.

Sur le dossier du terrorisme, Castaner ne compte pas dévier de la ligne actuelle puisqu’il dispose des « outils législatifs » nécessaire à cette mission. La constitutionnalisation de l’État d’urgence permanent ne risque pas de se voir remise en cause par le nouveau premier ministre de Macron.

Enfin, sur les migrants, Castaner prône la « coopération » avec Salvini, ce portant ainsi caution des agissements de la police française à la frontière franco-italienne. Dans la continuité de la loi asile-immigration, il affirme que « sans changer de ligne, il faut donc aller plus loin ». Aussi bien à Grande-Synthe qu’aux frontières espagnoles et italiennes, les migrants vont donc voir s’accroître la répression qui s’abat déjà sur eux depuis des années.

La feuille de route de Castaner est sans surprise et sans ambiguïté. Le nouveau ministre de l’Intérieur va poursuivre et approfondir la politique répressive de son prédécesseur. Lavé de l’affaire Benalla qui ne doit pas « rejaillir sur la police », l’ancien délégué général d’En Marche et ex-PS, va marcher droit dans les pas de Collomb.




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