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Monde

Réponse dans la rue

Catalogne. 200 000 personnes exigent la libération des deux dirigeants souverainistes

Au lendemain de l’incarcération de Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, leaders des organisations sociales et culturelles indépendantistes, ANC et Omnium respectivement, plus de 200 000 personnes sont descendues dans les rues de Barcelone pour exiger leur libération.

ANC et Omnium avaient convoqué une manifestation à 20h à Barcelone pour exiger la libération des leaders indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, dits « les Jordis ». Et la réponse a été massive. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale catalane.

La répression lancée par Madrid et la juge Carmen Lamela semble, au contraire d’avoir intimidé la population catalane, avoir relancé la mobilisation populaire.

Durant la journée plusieurs manifestations se sont déroulées dans les lieux de travail mais aussi dans les écoles, collèges, lycées et universités.

Plus tôt dans la journée le Tribunal Constitutionnel avait annulé définitivement la loi qui avait convoqué le référendum du 1er octobre dernier. Celui-ci avait déjà été suspendu début septembre mais avec cette décision il perd toute validité légale, du point de vue des institutions de Madrid.

Les dirigeants catalans ont répondu en affirmant que pour eux le mandat du référendum, où 90% des 2,3 millions de participants ont voté pour le « oui », était toujours valable. Les CUP, organisation anticapitaliste indépendantiste, à travers l’une de ses députées au parlement de Catalogne, Mireia Boya, a même déclaré qu’au sein de la coalition souverainiste « Junts pel Si » on estime que l’indépendance sera déclarée dans les prochains jours, peur-être jeudi.

Ainsi, l’offensive répressive de Madrid pourrait être en train de radicaliser les positions indépendantistes mais cette fois non seulement parmi ceux qui étaient déjà convaincus de cette option séparatiste mais parmi les larges masses qui jour après jour voient le véritable caractère réactionnaire du Régime de 1978.

Cependant, il est évident qu’une déclaration d’indépendance impliquerait un affrontement avec l’appareil d’état de Madrid. L’incarcération des leaders des organisations sociales catalanes n’est qu’un avant-goût de l’escalade madrilène. Avec une possible application de l’article 155 qui suspende l’autonomie de la Catalogne, les arrestations de dirigeants et de militants, ainsi que de manifestants pourraient s’intensifier.

Alors que Carles Puigdemont et les représentants de la bourgeoisie catalane tergiversent jour après jour sur la déclaration d’indépendance et qu’il est dans leur intérêt trouver une solution négociée, la classe ouvrière et le mouvement populaire ne peuvent pas leur faire confiance. Même dans le cas où Puigdemont serait poussé à déclarer l’indépendance, une République Catalane capitaliste serait un piège pour les travailleurs et les classes populaires. Une autodétermination réelle ne peut avoir lieu qu’en remettant en cause le pouvoir des capitalistes espagnols et catalans.




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