^

Monde

Référendum indépendantiste

Catalogne. L’ancien président Artur Mas dans le box des accusés

Des dizaines de milliers de manifestants présents aujourd'hui pour le procès emblématique de l’État Espagnol contre Artur Mas, conservateur devenu « indépendantiste » qui avait défié le gouvernement central en organisant une consultation sur la question de l'indépendance de la Catalogne. Thibault Yeamreg

Le procès, s’étalant jusqu’à vendredi, a engendré un appel sur les réseaux sociaux et une marche de plus de 40 000 personnes dans le centre ville de Barcelone qui a fini devant la Cour d’appel de Catalogne sous le slogan revendicatif "Terra Lliure" (Terre Libre). Plusieurs personnes scandant des chants d’indépendance comme "Els segadors" ou encore l’"Estaca" qui est un chant écrit par Lluis Llach contre le franquisme. L’ex président, Artur Mas, sera jugé pour avoir désobéi aux injonctions de la Cour constitutionnelle espagnole en organisant un référendum sur la question de l’indépendance. Celui-ci avait réuni 2,3 millions de votants dont 80 % favorables à l’indépendance. Artur Mas estime que ce procès pourra servir "d’accélérateur" à la cause indépendantiste, en montrant que le gouvernement bafoue les droits des Catalans. Il risque dix ans d’interdiction d’exercer une fonction publique et élective. Joana Ortega, ex-vice-présidente, et Irene Rigau, qui était en charge de l’Éducation, risquent chacune neuf ans d’interdiction.

La Catalogne, région de 7,5 millions d’habitants représentant 20% du PIB de l’Espagne, cherche depuis quelques années à arracher au gouvernement espagnol un référendum sur la question de l’indépendance, comme cela a été organisé pour l’Écosse. Seulement le gouvernement de Rajoy, président de l’État Espagnol, ne le voit pas ainsi et cherche par tous les moyens à faire taire le droit à l’autodétermination des catalans.

L’ex président Artur Mas n’a quant à lui pas été réélu pour représenter la coalition catalane à cause essentiellement de la CUP (Candidatura d’Unitat Popular), parti indépendantiste d’extrême gauche, qui n’a pas voulu se prononcer sur sa nouvelle candidature car représentant l’indépendance bourgeoise, pro-libéral et conservatrice. Nous devrions donc voir apparaître très prochainement de nouvelles élections en Catalogne pour désigner le nouveau représentant de l’État catalan.La fièvre indépendantiste est encore montée après 2010, quand la Cour constitutionnelle saisie par les conservateurs a annulé le"Statut"de la Catalogne, en place depuis 2006, et qui lui conférait de larges compétences et le titre de"nation". Les séparatistes dénoncent un"harcèlement judiciaire"et réclament un référendum d’autodétermination.

Chaque mobilisations nous montre l’importance que portent les Catalans à leur culture et leur langue, comme nous pouvons le voir à Barcelone ou en Catalogne Nord, région qui dépend de la France, où plusieurs mobilisations importantes ont eu lieu, comme la dernière à Perpinya autour du nom donné à la nouvelle région qui a surtout pour but de centraliser les pouvoirs sans mettre en avant les différences culturelles et géographiques et remet en cause le droit à l’autodetermination des peuples à pouvoir disposer de leurs vies et permettre au classes populaires de prendre les décisions les concernant au niveau social, économique...

L’État Espagnol refuse ou dévalorise les mobilisations de milliers de Catalans au cours de ces dernières années pour le droit à l’autodétermination. Le référendum ne sera un pas vers l’autodétermination que s’il se fait sur la base de la mobilisation la plus large et s’il est garanti par les travailleurs et le peuple catalan, alliés aux travailleurs et aux peuples du reste de l’État Espagnol.

_




Mots-clés

Catalogne   /    Union Europénne   /    Etat Espagnol   /    Monde