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Répression syndicale

Chambéry. Solidaires 73 bientôt à la rue, le maire Dantin droit dans ses bottes

En Savoie, l'union syndicale Solidaires, qui bénéficie de locaux depuis une quinzaine d'années, lutte depuis plusieurs mois pour faire valoir son droit au logement. En remplacement des locaux dont l'organisation syndicale bénéficie depuis cinq ans après son premier déménagement, l'agglomération Grand Chambéry est en effet fière de proposer une « solution de remplacement » de... 20 m2 ! Face à cette situation inique, une quarantaine de militants ont envahi le conseil municipal de ce jeudi 22 novembre.

La situation dure depuis déjà plusieurs mois : l’union syndicale Solidaires, qui bénéficie actuellement de locaux loués par l’agglomération Grand Chambéry à un bailleur privé, a en effet appris en février dernier qu’il serait mis fin à sa convention d’occupation le 2 décembre 2018, sans qu’aucune solution de remplacement ne lui soit pour autant proposée. En 2013 pourtant, lors de la signature de la convention actuelle, c’était sur la base de l’engagement de l’agglomération à agrandir la maison des syndicats, située rue Ambroise Croizat et qui héberge les autres forces syndicales du département, que les locaux de la rue Montreuil avaient été attribués à Solidaires. Depuis lors, la situation n’a pas bougé d’un pouce, aucun aménagement n’ayant été réalisé à la maison des syndicats. Dans ces conditions, mettre fin à la convention d’occupation de Solidaires revient donc à mettre l’organisation syndicale purement et simplement à la rue.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, car le cynisme des gestionnaires de l’Agglomération non plus. Ce 19 novembre, Solidaires 73 a en effet reçu un courrier de Sylvie Koska, adjointe au maire et vice-présidente de Grand Chambéry « chargée de la concertation citoyenne, des relations avec les usagers et de l’économie sociale et solidaire » (!), annonçant en grande pompe une « proposition de relogement »... dans un ancien débarras de 20 m2. A titre de comparaison, les locaux actuels de Solidaires 73 font 156 m2, et la maison des syndicats compte au total 2763 m2 ! Sylvie Koska, qui propose donc de reloger rien moins que tout un syndicat départemental dans 20 m2, a en outre le culot d’insister sur les travaux de nettoyage et de remise en peinture prévus pour ce placard, et de se féliciter d’une décision « qui permet à [Solidaires], tout en optimisant les dépenses de fonctionnement de [la] collectivité, de poursuivre ses missions au sein d’un espace qui y est spécifiquement dédié ». Comme l’écrit Solidaires 73, « l’avenir du syndicalisme, selon madame Koska, se résume donc à un pot de peinture ». Pourtant, le code des collectivités territoriales Article L1311-18 établit que l’agglomération Grand Chambéry a le devoir de proposer aux syndicats déjà installés un local permettant de continuer à assurer leurs missions.

C’est face à cette situation que les militants de Solidaires 73, soutenus par des militants d’autres forces syndicales et politiques, ont décidé d’envahir le conseil municipal de ce jeudi 22 novembre pour réclamer une solution de relogement digne de ce nom : l’occasion de se frotter à l’arrogance et à la surdité du maire, Michel Dantin (LR) qui, devant l’obstination des participants, n’a pas hésité à faire évacuer la salle par la police. Guy Fajeau, élu PCF, a brièvement pris la parole pour apporter son soutien à la demande de Solidaires, avant de quitter la séance lors de l’évacuation policière.

Pour Solidaires 73, le combat continue : tant qu’aucune proposition convenable ne lui aura été faite, en dedans ou en dehors de la maison des syndicats, les militants resteront dans leurs locaux actuels. Cette affaire s’inscrit d’ailleurs dans le tournant anti-syndical, anti-social et anti-opposition qu’ont opéré les élus locaux, qui demandent désormais des sommes astronomiques pour louer des salles aux associations locales ainsi qu’aux organisations syndicales et politiques.

Retrouvez l’occupation et l’évacuation en vidéo :




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