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Contre les assassinats de migrants. Manif devant la Maison Blanche

Publié le 3 novembre 2016

Á une semaine des élections présidentielles américaines, avec le mot d’ordre « sans papiers, sans peur », des militants ont manifesté devant la Maison Blanche contre la mort de migrants dans les « centres d’internement ».

L. Serge

Alors que le candidat républicain, Donald Trump, a promis de créer une « force de déportation » pour s’occuper de ceux qu’il appelle des « criminels », et que Clinton cherche à capter de façon purement démagogique le vote latino, une manifestation s’est tenue devant la Maison Blanche pour protester contre les assassinats de migrants dans les « centres d’internement » créés pour enfermer les migrants sans papiers.
Parmi les pancartes, on pouvait lire le chiffre 165 en mémoire dus nombre de migrants assassinés dans des prisons fédérales depuis 2003. Les slogans « sans papier, sans peur » et « fermez la machine à déporter » se sont fait entendre. L’organisation Detention Watch Network (DWN : réseau de surveillance de la détention) a commencé cette manifestation par une « procession funèbre » menée par des personnes qui ont pu témoigner d’expériences en centre d’internement pour eux mêmes ou pour leur famille.

La manifestation s’est rendue jusqu’au bureaux du Service d’Immigration et de Contrôle des Douanes des États-Unis (ICE) à Washington, en y déposant des dépouilles symboliques. En ce jour des morts, le DWN exigeait de nouvelles enquêtes sur les morts dans les centres gérés par l’ICE et la fermeture immédiate du centre de LaSalle en Louisiane où trois morts ont eu lieu cette année.

Le porte parole du DWN, Danny Cendejas, a expliqué que les demandes des organisations portent sur la tenue de nouvelles enquêtes. Dans une publication récente du DWN intitulée : « Négligence mortelle : comment l’ICE ignorent les morts en détention », l’organisation dénonce la « culture du secret » et les fautes de l’ICE concernant notamment les soins médicaux « médiocres ».

Obama avait fait fermer ces centres pour migrants en 2009 avant de les rouvrir en 2014. La violence exercée contre les migrants est telle que le Comité des Nations Unies sur l’Élimination de la Discrimination Raciale (CERD) a déjà enquêté il y a deux ans sur "l’usage excessif de la force" par les États-Unis à la frontière avec le Mexique. Au-delà de la déclaration hypocrite de l’ONU, la brutalité avec laquelle sont traités ceux qui réussissent à traverser la frontière est devenue manifeste.

Malgré la progression dans l’organisation et la participation politique des migrants aux États-Unis, la majorité d’entre eux sont poursuivis, réprimés, déportés et ne disposent pas d’un minimum de droits légaux.

43,6 millions d’étrangers résident aux États-Unis, représentant 13,6 % de la population, et il y a huit millions d’immigrants sans papiers, qui représentent 5 % de la force de travail et réalisent les travaux les moins qualifiés avec les plus faibles salaires.