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Notre classe

Mobilisation des enseignant-e-s et des élèves

Dernière minute-93. Pecresse chahutée pour son inauguration du Lycee de La Plaine

Pour protester contre la venue de la présidente du Conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui souhaitait inaugurer en grande pompe le nouvel établissement, une grosse cinquantaine de personnels se sont donné rendez-vous ce matin à 9h devant le lycée de La Plaine-Saint-Denis.

Ce nouveau lycée, réclamé depuis des années par les équipes enseignantes, les personnels et les parents, était conçu pour désengorger les établissements de Saint-Ouen et de Saint-Denis. On sait d’ores et déjà que les effectifs des classes de seconde se trouveront au-dessus des effectifs maximaux appliqués dans les zones sensibles, avec 35 à 36 élèves, alors que la politique de l’éducation prioritaire fixait à 30 le nombre de jeunes en seconde. Alors que la rentrée des élèves doit se faire dans la journée, « il n’y a pas de quoi parader, pour Pécresse, souligne un collègue mobilisé. Ce que l’on veut, c’est des moyens, pas de l’esbroufe ».

Les autres personnels mobilisés pointaient également le manque de moyens et les sureffectifs qui touchent les lycées et les collèges de la Seine-Saint-Denis. C’était notamment la raison de la présence de professeurs du Lycée Maurice Utrillo de Stains, qui se retrouve dépourvu des moyens alloues aux lycées de l’éducation prioritaire et qui a vu la disparition de trois postes, à la rentrée.

Autre point chaud de la mobilisation, la répression et la mutation forcée d’un collègue du Lycée Suger de Saint-Denis, Pascal Stoller, l’un des piliers de cet établissement du quartier des Francs-Moisins. Ses soutiens, des professeurs du lycée et des lycéens mobilisés, étaient présents également pour réclamer son maintien à son poste de chef des travaux et de responsable de la section BTS audiovisuel qu’il a montée sur le lycée. « Pas de Suger sans Stoller », le slogan a été repris par l’ensemble du rassemblement, avant l’arrivée de Pécresse.

Arrivée à 10h, accueillie à grands coups de sifflet et par « L’Internationale », entonnée par les lycéens présents, interpelée par les enseignants, personnels et jeunes rassemblés, l’ex-ministre de Sarkozy et actuelle présidente de région s’est arrêtée cinq minutes pour un bref échange. Et puis elle a tourné les talons. Madame la présidente a un agenda de la journée chargé…

Celui des collègues grévistes et des lycéens également, puisqu’ils seront encore plus nombreux, à 14h, devant le Lycée Suger, où doit se poursuivre la mobilisation de cette journée de rentrée du 93 qui s’achèvera par un rassemblement devant le ministère, à Paris, en soutien au collègue muté par le rectorat, pour réclamer « des moyens pour l’éducation, dans tous les quartiers, et dans toutes les régions » et protester contre cette rentrée placée sous le signe de la com’ alors que le gouvernement matraque le privé comme le public.

Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre, souhaitait une « rentrée en musique », ce lundi. Dans le 93, les personnels ont bien envie de le faire entrer dans la danse.

[Crédit photos : Yano Lesage, RévolutionPermanente]




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