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#AssezDeViesBroyées : Un mort, six blessés, six disparus

Deux explosions dans des usines de BASF en Allemagne : plus d’insécurité pour plus de profits ?

Publié le 17 octobre 2016

Deux explosions ont aujourd’hui eu lieu dans des usines de BASF, la géant allemand de la chimie. La première a fait au moins un mort dans l’usine de Ludwigshafen, siège historique de l’entreprise ; 6 personnes sont toujours portées disparues. La deuxième a eu lieu à Lampertheim dans le land de Hesse. Ces explosions, bien que le groupe déclare qu’elles sont « sans danger » pour les populations, ont cependant déjà fait un mort ; quant aux déclarations du groupe, les agents chimiques présents sur place ne présagent rien de bon et remettent en cause la version « tout est maîtrisé ».

George Waters

Les deux explosions ont eu lieu à trois heures d’intervalle. La première a eu lieu à 8h30 dans l’Hesse, dans l’usine de Lampertheim dans une explosion de filtre et a fait quatre blessés dans cette usine de production de matières plastiques. La seconde a eu lieu à 11h30 dans le land de Rhénanie-Palatinat, dans le siège historique de la compagnie : 33000 employés y travaillent, soit près d’un tiers des salariés du groupe à l’échelle mondiale. Cette seconde explosion, spectaculaire, a fait au moins un mort, tandis que les secours sont sans nouvelles de 6 autres travailleurs. Le feu, gigantesque, devrait être maîtrisé dans la soirée selon les secours.

Si les opérations dangereuses de vapo-craquage ont été arrêtées, l’incendie fait craindre la dispersion d’agents chimiques dangereux dans l’air : les secours ont demandé aux habitants de se calfeutrer et d’arrêter les ventilations. En effet, les matières stockées sur place font craindre un danger sanitaire pour les populations, même si –comme d’habitude- un représentant de BASF a annoncé « qu’il n’y avait pas de danger pour la population locale ». Si l’accident a eu lieu sur un pipeline en travaux, embrasant des hydrocarbures, la mairie signale d’ores et déjà des plaintes des habitants pour irritation des voies respiratoires, ce qui n’augure rien de bon.

L’entreprise BASF et la chimie en général n’en sont pas à leurs premiers coups d’essais en ce qui concerne les « accidents » qui tuent massivement les travailleurs. Le site de Ludwigshafen est d’ailleurs trop connu pour cela : 585 morts en 1921 dans l’explosion d’une usine d’ammoniaque en 1921 ; 207 morts et 3800 blessés en 1948 après l’explosion d’un wagon citerne contenant de l’éther de dyméthyle. Cependant, la chimie n’a pas arrêter de tuer en 1950 : en octobre 2014, une explosion à Ludwigshafen tuait un ouvrier de construction et en blessait 25 autres, dont 4 grièvement. On se rappelle aussi de l’explosion de l’usine AZF de Total en France en 2001, qui a fait 31 morts et 2500 blessés. Dans toutes ces affaires, si les morts et les blessures sont toujours bien réelles et ancrées dans la chair des ouvriers, les responsables, en haut de la chaîne de commandement sont bien souvent considérés comme non-responsables, comme si ces accidents étaient dus à la malchance ou au sort divin : cet accident doit rappeler qui sont les responsables des morts sur les lieux de travail, et doit permettre une condamnations de celles et ceux qui mettent en danger nos vies.