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Politique

Premier acte politique du gouvernement ?

En plein remaniement : perquisitions chez LFI, Mélenchon dénonce un « acte politique »

Jean-Luc Mélenchon partageait ce matin en live vidéo sur sa page Facebook une vidéo montrant la perquisition en cours à son domicile par huit policiers. D'autres perquisitions avaient lieu simultanément au siège de la LFI, du Parti de gauche ainsi qu'au domicile de tous les responsables du mouvement. Dans le même temps, le remaniement faisait la une de l'actualité...

« Vous me trouvez une drôle de tête, c’est parce que je fais l’objet d’une perquisition depuis 7 heures du matin chez moi, ainsi qu’au siège du Parti de gauche ainsi qu’au siège de la LFI », explique-t-il dans sa vidéo. « Ce matin à sept heures du matin, huit policiers sont arrivés chez moi pour faire une perquisition. On m’a dit qu’ils faisaient des perquisitions pour deux affaires... » expliquait Jean-Luc Mélenchon dans une vidéo postée tôt ce matin.

« Toute ma maison est remplie de gens : s’il vous plaît, dites partout que ceci est un acte politique, une agression politique », ajoute-t-il. Le leader de la France Insoumise dénoncé une « opération d’ampleur » contre La France Insoumise et « une attaque sur des éléments fantaisistes ». « Ceci est un acte politique » a ajouté le leader du mouvement.

L’objet de la perquisition concernait deux enquêtes en cours : celles des assistants parlementaires et celle des comptes de campagne. Comme l’affirme le Dauphine, La première affaire serait liée au signalement de l’eurodéputée frontiste Sophie Montel, qui accusait Jean-Luc Mélenchon d’avoir employé ses assistants parlementaires à des fins politiques. Des emplois fictifs, donc, selon elle. Jean-Luc Mélenchon avait porté alors plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Mélenchon précise dans sa vidéo que la députée d’extrême droite dit elle-même « que c’est une plaisanterie ».

La seconde affaire concerne un signalement de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) daté du 16 mars. Une enquête, confiée en avril à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. La justice s’intéresserait notamment à des « surfacturations » de prestataires, liés à des proches du leader de La France insoumise. Dans une autre plainte classée sans suite, du moins en partie, Anticor reproche d’avoir surfacturé des « prestations à des proches ». Les accusations qui visaient notamment la société Médiascop, détenue par Sophia Chikirou, soit la directrice de la communication du candidat Insoumis lors de la campagne présidentielle.

Mélenchon pointait le fait que pour l’heure « ils ne vont pas aller au siège d’autres candidat qui ont une enquête préliminaire comme le président Macron ». En effet, ce dernier est sous le coup d’une enquête préliminaire, suite à une plainte, le 11 juin, déposée par des élus de droite dénonçant le rôle joué par la Ville et la Métropole de Lyon. Pour l’heure, Macron n’est ni inquiété ni perquisitionné. Pourtant les preuves, suite au scandale de l’entreprise GL Events et « ses ristournes » quand à la campagne de Macron, selon Médiapart, ne semblent avoir inquiété en rien Macron. Fin février, déjà, la CNCCFP avait en effet conclu dans un rapport à des irrégularités dans le poste "donations" du compte du futur Président, le parquet de Paris n’avait alors pas donné suite.

Un deux poids deux mesures qui interroge clairement, d’autant plus que cette perquisition en masse avec un déploiement de force de police important au domicile de Mélenchon, et chez les responsables, ainsi qu’au siège du mouvement a lieu le jour du remaniement présidentiel, reporté à maintes reprises. Cela sonne-t-il comme le premier acte politique de ce gouvernement et de son nouveau ministre de l’intérieur ? Quoiqu’on puisse penser du fond de l’affaire, cette perquisition semble en effet être éminemment politique.

Ce premier acte du ministre de l’intérieur annonce-t-il un tournant dans la restriction des droits démocratiques ? Qu’on puisse être en désaccord stratégiquement et politiquement avec Mélenchon, comme l’illustre plus particulièrement son "recentrage" sur le terrain purement parlementaire, il s’agit cependant, face aux tentatives d’intimidations, de dénoncer avec force toute offensive de Macron visant en définitive à remettre en cause le droit à s’opposer à la politique du gouvernement, et l’ensemble de mouvement social.




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