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Blocage de l’économie

En reconductible dès lundi, les routiers menacent de « mettre à sec » l’Île-de-France

L’appel des routiers de la CGT et de FO à la reconductible dès lundi prochain semble inquiéter le gouvernement. Il a tenté de déminer le conflit en les recevant mercredi midi, au ministère des Transports. Les routiers menacent désormais de « mettre à sec » l’Ile de France.

Crédits : AFP/PHILIPPE HUGUEN

Les ordonnances de la loi Travail ont mis le feu aux poudres. Les routiers, fer de lance de la mobilisation contre la loi El Khomri, compte bien repartir en lutte contre Macron et sa loi Travail. « Les ordonnances ne concernent pas spécifiquement le secteur des transports », explique le secrétaire général de la CGT-transport. « Mais 80 % des entreprises du secteur ont moins de 20 salariés. Nous ne voulons pas de négociation d’entreprise dans les organisations syndicales. Nous ne lâcherons rien. Pour mettre l’Île-de-France à sec en carburant, il nous suffit de six jours. »

Il est clair que la loi Travail XXL compte bien, comme dans l’ensemble des branches, détricoter un à un les acquis, moyennant concurrence avec les autres branches. En sus de la loi Travail, s’est ajoutée une nouvelle attaque contre le secteur routier à savoir la remise en cause de la pérennité du congé de fin d’activité (CFA). Cette mesure, née il y a vingt ans, sous la pression des luttes, et notamment des conditions d’exercices et de pénibilité du métier, permet aux conducteurs routiers de partir cinq ans avant l’âge légal de la retraite après vingt-six ans de conduite.

Alain Vidalies, l’ancien ministre des Transports, s’était engagé à le garantir. Mais la CGT et FO ont déclaré mercredi que l’amendement censé assurer le financement du dispositif - pris en charge pour moitié par l’État - n’était pas inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. « Le gouvernement s’est contenté de rappeler que l’engagement de l’État allait de pair avec une négociation entre partenaires sociaux », précise une source proche du dossier.

Il est clair que le gouvernement fait face à un risque avec l’entrée en scène d’un secteur clé, qui avait déclenché la dynamique des grèves reconductibles pendant la bataille contre la loi Travail. Il avait cependant réussi à désamorcer le conflit en obtenant une dérogation de la loi El Khomri sur la majoration des heures supplémentaires. Des miettes qui sont d’ailleurs remise en cause de nouveau par la loi Travail XXL. En ce sens, plus que de batailler pour des miettes, dans un combat isolé, c’est un d’un rapport de force global pour battre en brèche la loi Travail XXL et son monde qu’il faut batailler.




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