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Politique

Européennes réactionnaires

Européennes : Le Pen devance Macron dans les sondages

Pour la première fois, le parti de Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote. Le mécontentement populaire légitime contre Macron ne doit pas profiter à l’extrême-droite.

Les élections européennes de mai 2019 sont polarisées par l’opposition entre pseudo-progressistes néo-libéraux que Macron entend incarner et véritables nationalistes dans le sillage de Salvini, d’Orban et de Le Pen. Dans un sondage paru dimanche, le Rassemblement National est donné favori devant le groupe LREM-Modem en mai prochain, symptôme supplémentaire de la perte de crédibilité du projet macroniste et du renforcement de la dynamique réactionnaire.

En août dernier, le Rassemblement National talonnait La République En Marche sans lui damner le pion dans les sondages des intentions de vote pour les élections européennes de mai 2019. A présent, la tendance est à la montée en force du parti de Marine Le Pen qui gagne en à peine deux mois près de quatre points d’indice favorable, selon le sondage Ifop réalisé par La lettre de l’Expansion. D’après les derniers chiffres parus, le RN serait à 21% alors que LREM-Modem serait tombé à 19% d’intention de vote. A l’heure de l’élection de Bolsonaro, des diatribes anti-immigration de Trump et de grogne populaire récupérée par l’extrême-droite sur le prix de l’essence, rien d’étonnant que la rhétorique nationaliste d’un Front National qui vient juste de faire peau neuve gagne du terrain, sur fond de projet européen en crise, notamment depuis le Brexit.

Ce qu’il faut aussi souligner également, c’est que les idées xénophobes et de repli identitaire gagnent aussi des points à Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, allié de Marine Le Pen au second tour des élections de 2017, avec près de 7% des intentions de vote. Même si c’est dans la division que ces idées progressent, loin des 25.4% du FN aux européennes de 2014, leur montée en vigueur en France et dans toute l’UE est un indice significatif d’une situation qui se polarise sur la droite de plus en plus.

En face des déclarations d’une Marine Le Pen qui prétend lutter "pour que les nations ne disparaissent pas au bénéfice de cet empire totalitaire qu’est devenue l’Union européenne", le positionnement de Macron en défenseur de la démocratie paraît de moins en moins crédible. Sa sortie récente sur le climat de "retour des années 30", censé faire de lui seul l’unique barrage contre le « fascisme », marque une volonté de capter toutes les forces progressistes en agitant le foulard du pire. Manifestement, c’est un échec pour le président des riches. Il faut noter également qu’un même constat s’impose pour la France Insoumise qui voit ses intentions de vote baisser pour tomber à 11%.

En ces temps où le matraquage fiscal de l’État alimente une grogne populaire qui va s’exprimer le 17 novembre prochain par des blocages sur les autoroutes, une initiative largement pilotée par des forces d’extrême-droite, la politique de passivité des directions syndicales laissent la voie libre au RN. Il est urgent que les directions syndicales mettent en place un plan de bataille contre la vie chère, pour une augmentation de salaires, contre toutes les mesures antipopulaires du gouvernement. C’est à travers la préparation d’un grand mouvement de grève que l’on pourrait satisfaire ces exigences populaires. Si le mouvement ouvrier ne se met pas à la tête de l’opposition au gouvernement Macron, c’est l’extrême-droite qui en tirera profit et alimentera les préjugés anti-ouvriers d’une partie des classes populaires qui voient « les syndicats » objectivement du côté du gouvernement.




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