Politique

Les liens entre son équipe de campagne et le patronat

Fillon et le Medef comme cul et chemise

Publié le 24 novembre 2016

Francois Fillon, l’outsider arrivé au second tour de la primaire de la droite a multiplié ces dernières semaines les déclarations d’amour au patronat français, par un programme glaçant sur tous les points pour notre classe sociale, que ce soit dans le monde du travail, où sur le terrain plus sociétal. Retour sur les relations très proches qu’entretient celui qui veut dézinguer 500 000 fonctionnaires avec les PDG du Medef et leurs acolytes.

Charles Tired

Un programme économique directement concocté avec l’aile la plus à droite du Medef


On le sait, le programme économique de Francois Fillon est loin d’être « le pipi de chat » qu’était la loi-travail selon le Medef. De là dire qu’il est inspiré du Medef, il n’y a qu’un pas... Mais chez les hommes politiques de droite (comme de gauche), les muses qui ont inspiré notre cher poète sarthois ne sont pas Melpomène, Polymnie ou Clio : bien en chair, les inspirateurs-créateurs du programme de Fillon ont été tirés directement de la cuisse du Medef, dans les secteurs les plus radicaux pour lesquels Thatcher reste un modèle de perfection du politique. Ainsi, le programme de Fillon (augmentation de la TVA, dégréssevité des allocations-chômage, retraite à 65 ans, accords entreprise par entreprise) est parfaitement identique au programme d’une certaine Viviane Chaine-Ribeiro, inconnue du grand public, mais bien connue au siège du Medef à Paris : présidente du Syntec, la fédération des entreprises du numérique, elle mène la frange la plus libérale du Medef, en compagnie des fédérations des banques, assurances et du bâtiment. Mais le siège du Medef cache d’autres surprises, notamment les collaborateurs actuels de Francois Fillon, comme Agnès Verdier-Molinié, consultante du Medef, et qui ne manque pas une occasion pour maudire les fonctionnaires. C’est d’ailleurs de cette dernière que s’est largement inspiré l’actuel favori des sondages pour écrire son bouquin-programme,Faire, un tissu de promesses de coups tordus contre le monde du travail.

Des collaborateurs-relais dans la presse de droite


Qui dit bonne campagne dit bonnes relations avec la presse. Et comme aujourd’hui, la presse française est contrôlée majoritairement par les dix premiers milliardaires du pays, il suffit donc de bien s’entendre avec ces milliardaires. Parmi eux, François Pinault, détenteur de Kering (multinationale comportant Printemps, La Redoute, etc.), possède Le Point, qui (par le plus grand des hasards), a systématiquement attaqué Nicolas Sarkozy durant la campagne, et qui s’est visiblement rangé dernière l’ancien premier ministre de Sarkozy avec sa dernière une « L’incroyable monsieur Fillon ».

Ses soutiens économiques chez les PDG


L’équipe de Fillon aurait été incomplète sans de fiers pourvoyeurs de fonds issus du gratin des conseils d’administration du CAC40. En voici deux, qui, en plus de partager la sensibilité réactionnaire de François Fillon, partageront avec lui les profits de sa contre campagne ultra-libérale. Tout d’abord, Henri de Castries, ex-PDG d’AXA, administrateur chez HSBC et Nestlé, inspecteur des finances de la promotion Voltaire de l’ENA (le monde est petit !) est un homme à qui Fillon doit beaucoup (d’argent). C’est lui qui l’a aidé à récolter des fonds, au Links Club de New York par exemple, et qui l’a « connecté » à quelques patrons impatients de voir le système social français éclater. Citons finalement Pierre Danon, directeur-adjoint de sa campagne, président de dix sociétés, ex-président de Numéricable et de Capgemini, pour la route (mais pas le progrès).

Bref, l’équipe de campagne et l’équipe de bistro du premier ministre de Nicolas Sarkozy ne devraient pas faire trop peur aux Gattaz, Parisot, et autres pourfendeurs des travailleurs qui rêvent de voir (enfin) le programme social du Conseil National de la Résistance promu à la Libération exploser entre 2017 et 2022.