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Gare SNCF de Juvisy-sur-Orge : les cheminot-es de banlieue en grève reconductible !

Publié le 18 mai 2016

Le 18 mai, c’est non seulement dans les gares de Paris que se forment des assemblées générales cheminotes, mais aussi dans les gares de banlieue. A Juvisy-sur-Orge (91), une assemblée générale a réuni une vingtaine de personnes. Malgré encore quelques doutes chez certains, la grève est votée et reconduite jusqu’à la prochaine assemblée le jeudi 19 mai.

Manon Véret-Gay

L’assemblée générale s’ouvre sur le bilan du mouvement, sur Juvisyet les gares voisines (Choisy-le-Roi, Brétigny, etc.).Le comité de mobilisation, qui s’est formé lors des premières semaines de grèves, a procédé à de nombreuses diffusions de tracts vers les collègues, et a mis en place une communication solide via les listes mails, téléphones et réseaux sociaux. Des assemblées générales ont déjà eu lieu dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail et le décret socle, la dernière datant du 26 avril. N’ayant pas les forces pour tenir un piquet de grève, les cheminot-es grévistes ont jusque-là toujours rejoint les rassemblements et manifestations qui avaient lieu sur Paris, et notamment à Austerlitz. S’ensuit un tour de table des participants, permettant à chacun et à chacune d’exposer son point de vue sur la grève reconductible.

Les avis sur la grève reconductible sont d’abord partagés. Il règne un sentiment commun, celui de ne pas être assez suivi par ses collègues, et de ce sentiment découlent deux points de vuedifférents. D’une part, le découragement de certains fait naître la position d’attendre début juin pour partir en grève reconductible, position largement tenue par la CGT. Mais d’autre part, un certain nombre de cheminot-es sont toujours déterminé-es à aller voir leurs collègues afin de les mobiliser, ils et elles tiennent alors la position de partir en grève reconductible dès cette semaine du 18mai. De même, l’Euro de football qui approche semble une date plus stratégique pour certains, mais bien trop lointaine pour d’autres qui n’en voient finalement pas le sens. « Attendre début juin nous laisserait le temps de sensibiliser les collègues, là on est trop peu » lance un cheminot, puis une autre répond : « Je ne vois pas pourquoi on attendrait l’Euro, c’est maintenant qu’on a le soutien des autres secteurs et c’est maintenant qu’il faut partir en reconductible ». Par ailleurs, c’est plutôt les personnes syndiquées à Sud qui portent cette deuxième position, qui sont déterminées à encore mobiliser les collègues pour partir en grève reconductible.

Si les syndicats CGT et Sud sont relativement présents, il y a une vraie volonté d’intégrer les personnes non-syndiquées à la discussion, en mettant l’accent sur l’importance du comité de mobilisation. C’est dans cette idée d’unité et donc de convergence, qu’une étudiante intervient en solidarité des cheminot-es : elle fait ainsi la liste de toutes les gares qui tenaient au même moment des assemblées générales, et tous les secteurs qui luttent depuis la veille, afin de montrer qu’ils et elles ne sont pas seul-es. Cette intervention semble avoir interpellée les cheminot-es, qui pour la plupart, n’étaient effectivement pas au courant de l’ensemble des grèves et actions qui ont lieu cette semaine. Après une dernière intervention d’une cheminote en faveur de la grève reconductible, l’assemblée générale passe au vote de la grève reconductible : la grève a donc été reconduite.

Suite au vote de la reconduction, une prochaine assemblée générale a été adoptée au consensus pour le lendemain, le jeudi 19 mai à 10h. Les membres du comité de mobilisation se sont réunis afin d’écrire un tract appelant à cette assemblée générale, et ont organisé des diffusions pour l’après-midi même. Plus largement, les gares proches et moins proches de Juvisy sont appelées à organiser des groupes de discussion qui permettraient d’étendre la réflexion sur la grève reconductible. Un petit groupe est finalement parti collectivement à Gare de l’Est pour rejoindre le départ de la manifestation cheminote.