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Notre classe

Bientôt 8 mois de grève pour les postiers du 92

Grève à la Poste dans le 92 : les policiers entrent en arme dans les bureaux !

Le 13 et le 14 novembre dernier, les postiers de Seine Saint Denis étaient en grève, suivant l’exemple de leurs collègues des Hauts-de-Seine (92), en grève depuis le 26 mars. Alors que les grévistes parlaient à leurs collègues, des policiers armés de fusils d’assaut ont pénétré sur leur lieu de travail.

Crédit photo : Dans la grève et dans la rue ! DR

A l’appel de Sud-PTT 93, les postiers de Seine-Saint-Denis ont fait grève le 13 novembre face aux reculs sociaux qu’impose la direction. La grève, reconduite le 14, a été particulièrement suivie dans une dizaine de communes, notamment dans des villes comme le Blanc Mesnil. Cependant, alors que les postiers du 92, en grève depuis 8 mois, contre les réorganisations et le licenciement de leur représentant syndical, la direction et l’État n’ont qu’une stratégie : l’intimidation.

Thomas, facteur à Levallois, en grève depuis le 26 mars : « alors qu’on était, avec 60-70 grévistes, au centre de distribution de Pantin/Pré-Saint-Gervais, à Bobigny, pour discuter avec les collègues, deux policiers sont entrés, dont l’un d’entre eux avec un fusil d’assaut ». Cette politique d’intimidation des grévistes n’a cependant pas marché : « on a fait corps pour faire sortir la police » résume le gréviste. Mais l’intimidation ne s’arrête pas là : c’est même un commissaire qui est entré pour demander combien de temps les grévistes comptaient rester.

Pour les postiers du 92, cette constante surveillance de la part des forces de l’ordre est devenue presque habituelle : un gréviste témoigne même que les Renseignements Généraux les suivent. Une situation inacceptable, selon Brahim, en grève depuis mars, syndiqué Sud-PTT : « Dans ce pays, les flics rentrent là où ils veulent : ils sont appelés par la direction de la Poste, et plutôt que de dire qu’ils n’ont pas à gérer les conflits sociaux, ils viennent exercer une pression sur les grévistes. C’est devenu une milice privée au service des patrons : à chaque fois que la direction les appelle ils viennent. Ils se permettent même de nous demander de sortir des centres : ils ne connaissent pas leurs droits, et ils nous demandent de sortir alors qu’on est sur notre lieu de travail, alors que la loi nous autorise, en tant que gréviste, à intervenir auprès de nos collègues »

Une grève que l’État tente donc de faire taire par tous les moyens, mais qui tient, grâce à la détermination des grévistes, et tout l’élan de solidarité qui s’est créé autour d’eux : 80 000 euros ont été déjà récolté sur leur caisse de grève en ligne, au moment où ils plus que jamais besoin de soutien !




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