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Société

Casse du service public

Hôpital de Marseille : « J’ai marché pendant 1Km avec mon bébé décédé dans mes bras »

Un jeune couple a vécu l’enfer à l’hôpital de la Timone à Marseille. Faute de prise en charge, les parents ont dû amener eux-mêmes le corps de leur nourrisson décédé au service mortuaire de l’établissement.

« J’ai marché pendant environ un kilomètre avec mon bébé décédé dans mes bras » raconte, Marine, 29 ans. C’est une histoire à peine croyable, et pourtant bien réelle. Une jeune mère a dû transporter elle-même son nourrisson à la morgue.
Elle avait accouché d’une petite fille depuis trois jours quand l’enfant a succombé à une malformation du diaphragme. Épisode tragique en soit, mais le calvaire du couple ne s’arrête malheureusement pas là.
Ils ont dû attendre 2 heures avec le corps du bébé dans la chambre en attendant une brancardière.
« Tout de suite, j’ai compris qu’il y’avait un problème » explique Marine pour France Bleu. Et pour cause, il n’y a pas de couffin pour transporter le corps du nourrisson jusqu’à la morgue.
La jeune maman entreprend alors, avec son mari, d’amener elle-même sa petite fille jusqu’à la chambre funéraire, traversant ainsi d’un bout à l’autre l’hôpital marseillais.

« J’ai marché pendant environ un kilomètre avec mon bébé décédé dans mes bras à la vue de tout le monde, et sachant que j’avais encore des douleurs après mon accouchement qui s’était déroulé 3 jours auparavant »

L’enfer continue pour le jeune couple une fois arrivé à la morgue, où aucun personnel n’est présent pour s’occuper d’eux. Le couple appelle à l’aide et le personnel hospitalier débordé tentera de faire en sorte que les jeunes parents soient pris en charge, mais ils attendront une heure de plus assis sur des parpaings dans un local poubelle, le corps de leur fille dans les bras.

L’assistance publique-hôpitaux de Marseille parlera « d’un enchaînement de dysfonctionnements » lorsqu’il recevra le couple après l’incident. Sept mois après les faits, on comprend la colère du couple qui ne compte pas en rester là. « Les gens doivent savoir ce qui s’est passé » s’insurge Marine « et si il leur est arrivé quelque chose de similaire, ils ne doivent pas se taire » .

Comment expliquer un tel cauchemar ? La faute n’est pas due à une suite d’erreurs individuelles de la part du personnel mais au manque de moyens, au manque de personnel.
L’hôpital de La Timone à Marseille est malheureusement connu pour ce genre de dysfonctionnements internes. En février dernier, un couple a déposé plainte pour l’incinération par erreur de leur bébé, confondu avec un autre en chambre mortuaire. Ces incidents ont tous pour toile de fond la casse du service public de la santé, qui a des conséquences particulièrement dramatiques. L’État n’a de cesse de procéder à des coupes budgétaires dans le milieu de la santé. Les syndicats alertent constamment sur le manque de moyen et le manque d’effectif. Tout cela a un effet dévastateur sur les conditions de travail et donc sur l’accueil et le traitement des patients. Avec des hôpitaux qui n’ont plus les moyens nécessaires pour fonctionner ne serait-ce que dans des conditions normales, ce genre d’abomination se produit et se reproduira encore.




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