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Politique

Emois à gauche

Jadot cède sa place, Mélenchon ouvre sa porte et Hollande claque la bise

Le début de la campagne « officielle » met tout le monde en émoi. Chacun y va de son petit numéro de vaudeville.

Le choix de Bayrou a mis tout le monde en branle. A gauche notamment.

Comme on pouvait s’y attendre, Yannick Jadot, le candidat d’EELV à la présidentielle l’espace de quelques semaines et qui ne sera jamais que le marchepied du PS a décidé officiellement de s’aligner derrière Hamon. Cela se savait depuis plusieurs mois que face à la menace de disparition de leur groupe parlementaire, les écolos comptaient mettre de l’eau dans leur vin-bio et tenter des approches en direction du PS. Les primaires, de ce point de vue, ça n’était que de la poudre aux yeux. Les militants apprécieront. C’est donc Jadot qui a été intronisé par la direction du parti pour s’asseoir sur le vote des adhérents sur l’autel d’un accord d’appareil avec le PS. Le plus drôle a sans doute été l’expression choisie par Jadot pour parler, jeudi soir, de son ralliement sans gloire : « une belle aventure ». En guise de hochet, Hamon a promis à la direction d’EELV qu’il y aurait une sortie du nucléaire dans les 25 prochaines années. On n’aura rarement vu de promesse électorale aussi… visionnaire. Jadot se contente de peu en guise d’aventure.

Juste après le JT de Jadot, c’était Mélenchon qui entrait en scène, toujours sur France 2. Pressé par une partie de l’appareil du PCF qui ne cache plus son irritation (et qui craint, lui aussi, pour son groupe parlementaire), accusé d’attiser les divisions et se trouvant acculé par des sondages à la baisse, Mélenchon ne pouvait pas ne pas faire un geste en direction de Hamon et de l’unité. Celui qui se veut insoumis et qui exigeait la semaine dernière encore que Valls et El Khomri soient « dégagés » comme préalable à toute discussion a affirmé que « [sa] porte était ouverte », allant même jusqu’à préciser l’heure et le jour du rendez-vous avec Hamon : dimanche.

Hollande, de son côté, continue à agir comme s’il était encore Premier secrétaire du PS, quand il pratiquait « la synthèse ». La seule différence c’est qu’aujourd’hui il ne sait plus trop si c’est avec ou sans le PS qu’il faut la faire. Dans le doute, donc, comme l’ont démontré ses échanges de tendresse au dîner annuel du CRIF, il a claqué la bise tout autant à Emmanuel Macron qu’à Benoît Hamon. Mais qu’on ne s’y trompe pas : parmi ses deux anciens ministres, son cœur balance davantage pour le banquier. C’est d’ailleurs ce que s’est chargé de rappeler Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et pourtant membre du PS qui a salué, de façon absolument improbable, le ralliement de Bayrou à Macron comme s’il faisait partie du comité de soutien de En Marche.

Qu’un ministre PS fasse campagne pour le Modem acoquiné à Rothschild alors que les écologistes militent pour le nucléaire et que les insoumis lancent des clins d’œil en direction de Hamon, voilà à peu près l’état de la gauche de gouvernement qui tente de refaire la « Gauche plurielle » de Jospin mais en y rajoutant les héritiers de Raymond Barre. Un bien bel attelage.

Du côté de Philippe Poutou, qui mène deux combats de front, contre le plan de licenciement qui vise son usine et pour les signatures pour se présenter à la présidentielle, il y a la cohérence du combat. En face, « à gauche », on ne peut pas en dire autant.




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