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Politique

Nouvelle attaque contre les travailleurs

L’Assemblée rétablit le jour de carence pour les fonctionnaires en cas d’arrêt maladie

Ce lundi soir, les députés ont voté le rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires. En cas d’arrêt maladie, les travailleurs du public ne seront donc plus indemnisés dès le premier jour.

C’est sous couvert de lutte contre le « micro-absentéisme » que les députés ont rétabli, ce lundi soir, le jour de carence dans la fonction publique. Mis en place par Sarkozy, puis abrogé par Hollande, les députés ont ainsi approuvé cet engagement de campagne d’Emmanuel Macron, qui n’en finit plus d’attaquer les droits des travailleurs.

Dans les faits, les rémunérations ne commenceront que le second jour des arrêts maladies. Un contre sens absolue puisque, plutôt que de risquer de perdre un jour de salaire, les fonctionnaires iront tout de même travailler en cas de « petite maladie », accroissant ainsi les risques d’épidémie par exemple. Mais pour Édouard Philippe, ce jour de carence « il y a quelques années, il avait produit de remarquables résultats pour lutter contre l’absentéisme ».

Pourtant, les études de l’INSEE ont dévoilé que si la mise en place du jour de carence avait effectivement fait baisser les absences de santé de deux jours, elle avait par contre augmenté celles de longue durée. Et on comprend aisément pourquoi : laisser « traîner » une maladie soignable en quelques jours peut conduire à un problème de santé plus grave, nécessitant de longues périodes d’arrêt maladie.

Sur le plan plus idéologique, le message du gouvernement est clair. Il s’agit de renforcer le préjugé selon lequel les fonctionnaires ne seraient, au fond, que des « fainéants » bénéficiant de privilèges, minant les comptes publics par leur absentéisme chronique. Un préjugé qui, par ailleurs, est alimenté par le fait que, dans le privé, ce n’est pas un, mais trois jours de carences qui s’appliquent.

Combattre ce préjugé et exiger les mêmes droits pour l’ensemble des travailleurs, dans le public et le privé, est la seule voie pour contrecarrer l’offensive du gouvernement contre les droits des travailleurs. Car il s’agit bien d’une stratégie de division, à l’heure ou l’exécutif s’attelle à attaquer les droits des travailleurs et de la jeunesse secteur par secteur. C’est donc bel et bien en refusant cette découpe des combats et par un mouvement d’ensemble que l’offensive des classes dominantes orchestrée par Macron pourra être contrecarrée.

Crédits photo : ALLILI MOURAD/SIPA




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