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Société

Le capitalisme détruit la planète

La France parmi les plus grands consommateurs de ressources au monde

C'est aujourd'hui, samedi 5 Mai que la France atteint son jour de dépassement écologique, ce qui signifie que nous vivons désormais à crédit jusqu'à la fin de l'année. Si l'ensemble de la population mondiale consommait autant de ressources que les Français, il faudrait 2,9 planètes Terre.

Crédits photo : WWF

Le jour du dépassement écologique, en quoi ça consiste ? C’est la date à laquelle une population est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources produites par notre planète en un an. Il aura donc fallu seulement quatre mois à la France pour y parvenir, ce qui fait de notre pays l’un des plus mauvais élèves en la matière. Ces estimations sont fournies par une ONG américaine, Global Footprint Network qui se base sur la capacité de régénération de la Terre et sur l’empreinte écologique des être humains.

La date du dépassement écologique à l’échelle mondiale est de plus en plus médiatisée depuis quelques années. Située de plus en plus tôt, elle intervient désormais au tout début du mois d’Août : le 2 Août en 2017 contre... le 24 Décembre en 1971, année du premier calcul ! La population mondiale consomme désormais les ressources d’1,7 planète par an ; un chiffre qui ne cesse de croître et qui monte à 2,9 planètes si l’on se focalise sur la France.

« Make our planet great again »

C’est le slogan fétiche de "notre" président dès qu’il s’agit de communiquer sur l’action du gouvernement en matière écologique, ou plutôt son inaction, alors que c’est à Paris qu’a été signé voilà plus de deux ans l’accord sur le climat, qui semble avoir fait long feu. Les exemples ne manquent pas. En un an, le gouvernement a refusé de mettre en route un processus de sortie du nucléaire, accéléré l’entrée en vigueur provisoire du CETA malgré de nombreuses craintes et jusqu’à l’opposition même de Nicolas Hulot, ou encore prolongé l’autorisation d’utilisation d’un produit cancérigène : le glyphosate. Et si l’Union Européenne a prolongé cette utilisation de cinq ans, Macron se félicite de l’avoir réduite à trois, alors que rien ne l’engagera à y mettre fin à l’issue de ce délai.

Depuis un an, le gouvernement ne fait que des effets d’annonce en matière environnementale, de la nomination de Nicolas Hulot au Ministère de la Transition écologique à ce slogan qui a émergé à la suite de la décision de Donald Trump de quitter l’accord de Paris. Un président dont Emmanuel Macron reste pourtant plus que proche malgré sa volonté affichée...

Politique environnementale, politique sociale

La France fait donc partie des principaux consommateurs de ressources de notre planète, aux côtés de pays riches du nord, aux niveaux de vie très élevés comme l’Australie ou les Etats-Unis. A l’autre bout de la chaîne, des pays d’Afrique ou même l’Inde – qui représente environ 1,3 milliard d’habitants – consomment l’équivalent de moins d’1 planète par an en terme de ressources. Depuis plusieurs décennies, l’humanité vit donc à crédit uniquement du fait des pays riches et développés et les écarts collossaux de niveau de vie à l’échelle mondiale se retrouvent en terme d’accès aux ressources de la Terre.

Les politiques et les choix qui sont faits en matière environnementale sont étroitement liés aux politiques sociales, mais aussi économiques. Le capitalisme prôné par les élites économiques et politiques n’est pas compatible avec la préservation d’un environnement viable. Comme le développe Naomi Klein dans « Tout peut changer », le danger écologique qui pèse sur l’humanité doit aujourd’hui l’amener à repenser entièrement ses modes de vie, au niveau social, économique, politique.

La fuite en avant du capitalisme dans le pillage des ressources et de la nature n’est pas une nouveauté.

Karl Marx et Friedrich Engels l’avaient déjà pointé au XXème siècle. Engels dans une lettre à Marx expliqait ceci : "Nous réussissons à dilapider les réserves d’énergie, de charbon, de minerais, de forêts, etc., comme vous le savez mieux que moi."
Et Karl Marx dans le livre I du Capital mettait en avant que "tout progrès de l’agriculture capitaliste est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur, mais aussi dans l’art de piller le sol ; tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné est en même temps un progrès de la ruine des sources durables de cette fertilité. Plus un pays, comme par exemple les Etats-Unis d’Amérique, part de la grande industrie comme arrière-plan de son développement et plus ce processus de destruction est rapide. Si bien que la production capitaliste ne développe la technique et la combinaison du procès de production social qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur."




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