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Monde

Crise politique au Venezuela

La mobilisation contre Maduro se poursuit

Ce mercredi 26 avril, une nouvelle manifestation de l’opposition de droite a tenté de rejoindre le centre-ville de Caracas et s’est clôturée par des affrontements entre manifestants et forces gouvernementales. Une trentaine de personnes a déjà perdu la vie en un mois de mobilisation.

crédits photo : Fernando Llano/AP/SIPA

Plusieurs manifestations ont eu lieu dans différentes villes du Venezuela. À Caracas, les manifestants et les forces gouvernementales se faisaient face sur l’autoroute Francisco Fajardo qui donne accès à la capitale. Une fois encore, se fut échange de lacrymogènes et cocktail Molotov. Le but de la manifestation était d’atteindre le centre-ville, bastion chaviste, afin de manifester devant les locaux du Défenseur du peuple, organe chargé de veiller au respect des droits de l’homme dans le pays.
Comme bien souvent lors des journées de mobilisation, les chavistes ont également marché vers le palais présidentiel afin de montrer leur soutien au gouvernement qui ne cesse d’appeler au dialogue tout en renforçant l’organe répressif. Un jeune manifestant déclare qu’ils sont « mobilisés en faveur de la révolution, de notre président. Nous appelons l’opposition à cesser la violence ».

Une 27e personne a trouvé la mort ce mercredi, selon le parquet. Âgé de 22 ans, cet homme serait décédé dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été blessé par balle lundi durant une manifestation dans le nord du pays, dans la ville industrielle de Valencia. D’après Maduro, il serait la 29e victime et selon lui on dénombre 437 blessés et 1 289 personnes arrêtées pour divers troubles et saccages. Le nombre de victimes se rapproche de celui dû à la répression des manifestations de 2014 où il y avait eu, officiellement, 43 morts.

Ce mercredi, Amnesty Internationale a demandé au gouvernement d’« arrêter la persécution » et les « détentions arbitraires » d’opposants. L’organisation dénonce les arrestations sans mandat auxquelles procède le Service bolivarien de renseignement (SEBIN). Le même jour, Reporters sans frontières a classé le Venezuela à la 137e place (sur 180) dans son classement mondial de la liberté de la presse. Depuis le début du mouvement, quatorze journalistes ont été arrêtés et 106 agressés a indiqué le Syndicat national des travailleurs de la presse, accusant la Garde nationale de « harceler » les journalistes couvrant les manifestations. La presse bourgeoise avait joué un rôle important dans le coup d’État de 2002 où la droite avait, durant les quelques heures où elle a gouverné, dissous l’Assemblée nationale et réprimé et persécuté les chavistes.

Une opposition qui est nourrie et encouragée par les gouvernements de droite du continent sud-américain incarnés par l’Organisation des États américains (OEA), un organe de tous les pays d’Amérique trusté par les États-Unis, dont le secrétaire général Luis Almagro a traité Maduro de « dictateur ». L’ex-colonisateur espagnol, à travers le chef du gouvernement Mariano Rajoy, en déplacement mercredi en Uruguay, a exprimé sa « profonde préoccupation ».

Maduro multiplie les demandes pour inviter l’opposition à reprendre le dialogue gelé depuis décembre. Il fait appel au pape François pour « accompagner » le processus. Maduro a aussi réaffirmé sa volonté d’avancer les élections régionales, mais l’opposition de son côté n’exige plus seulement la tenue des élections régionales mais réclame l’organisation d’élections générales, ce qui a peu de chance d’être accepté par le gouvernement.




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