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Politique

Fraction Trotsksyte

La préparation des États-Unis pour un conflit inter-puissances

En mars 2018, des délégations de 16 pays se sont rencontrées à Buenos Aires, en Argentine, pour la 11ème conférence de la Fraction Trotskyste de la Quatrième Internationale (FTQI). Voici la troisième partie du Document sur la Situation Internationale : La Préparation Stratégiques des États-Unis pour un Conflit Inter-Puissances.

Crédit photo : Scott Olson, Getty Images, depuis Foreign Policy

Traduction : Sophia Sbit

Malgré de nombreux conflits, aucune crise de l’ampleur de celle du 11 Septembre (ou, à une autre échelle, celle de la chute de Lehman Brothers) n’est survenue au cours des dernières années. Néanmoins, les tensions géopolitiques se sont accrues depuis l’investiture de Trump.

Le président a une vision du monde relativement simpliste : selon lui, l’ordre libéral pensé sous sa forme mondialisée et néolibérale par Washington après la victoire des États-Unis dans la Guerre Froide, a profité de manière disproportionnée à ses concurrents et rivaux, qui en ont récolté tous les avantages sans avoir à en payer le prix. La remise en cause par Trump des institutions internationales telles que l’OTAN, son mépris pour les accords multilatéraux, comme celui signé par les États-Unis et l’Union Européenne avec l’Iran, et plus généralement, la subordination de la diplomatie aux efforts de réduction des déséquilibres commerciaux, sapent la relation des États-Unis avec ses alliés occidentaux, en particulier avec l’UE.

La détérioration continue de conflits préexistants non résolus, telle que la guerre civile réactionnaire en Syrie, ont multiplié les risques de voir survenir une catastrophe mondiale. L’exemple le plus manifeste est le danger d’un incident militaire entre les États-Unis et la Corée du Nord, qui engagerait immédiatement la Corée du Sud et des puissances nucléaires telles que la Russie et la Chine, bien que la perspective d’un sommet entre Trump et Kim Jong-Un ait soulagé les tensions à court-terme.

La stabilité de l’ordre post-guerre/post-Guerre Froide est sapée par deux processus structurels qui expliquent, dans une certaine mesure, la montée de Trump : premièrement, le net déclin de l’hégémonie américaine ; deuxièmement, l’émergence de la Chine comme "concurrent stratégique" des États-Unis et (dans une moindre mesure et avec plus de contradictions) les pratiques d’autres puissance régionales, telles que la Russie.

Ce qui divise l’establishement de Washington n’est pas tant le diagnostic des problèmes rencontrés par les États-Unis dans sa domination constante du monde, mais le choix d’une stratégie pour inverser ce déclin – les précédentes ayant toutes échoué depuis environ 15 ans.

La Guerre contre le Terrorisme de Bush était initialement une mesure punitive, prise avec le soutien des alliés impérialistes, suite aux attaques du 11 Septembre. Toutefois, cette expérience néoconservatrice a ouvert la voie à des interventions militaires majeures contre des États ne représentant qu’une une faible menace (comme l’Irak de Saddam Hussein) ou des acteurs non-étatiques nébuleux (tel que le réseau Al Qaïda). Obama a tenté d’organiser le retrait des troupes d’Irak et d’Afghanistan et de s’engager dans une politique "multilatérale" afin de désamorcer les conflits non-essentiels aux intérêts nationaux. Ce changement de tactique visait à se concentrer sur un containment de la Chine, principal obstacle stratégique à l’impérialisme américain, tout en essayant de tenir la bride à l’Allemagne dans son conflit avec la Russie. Les tentatives d’Obama furent un échec, et les États-Unis se sont retrouvés impliqués dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient contre l’État Islamique en Syrie et en Irak.

De manière générale, Trump exprime la volonté d’un secteur de la classe dominante et de l’appareil étatique américain de renverser à la fois les stratégies d’Obama et de Bush, à travers un programme nationaliste réactionnaire et une recentralisation du pouvoir militaire, résumé dans le slogan « America First » — slogan fourre-tout qui permet les interprétations "nationalistes" les plus diverses, sans pour autant qu’elles ne soient toutes transformées en politiques d’État.

La politique étrangère de l’administration Trump a eu des débuts erratiques, sans direction stratégique claire hormis sur son projet de renouer avec Poutine, objectif qui a finalement échoué. La nouvelle stratégie de défense semble indiquer que Trump a évolué – du moins sur le papier – vers le "réalisme" classique du Pentagone. L’intérêt national et la souveraineté sont les nouvelles priorités des États-Unis, et le jeu des alliances est subordonné à ces fins.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale et de défense définit les conflits entre grandes puissances comme la grande priorité américaine, la lutte contre le terrorisme est donc désormais secondaire. Selon les documents du secteur militaire de l’administration, les principales menaces qui pèsent sur la sécurité américaine sont les dénommées « puissances révisionnistes », c’est-à-dire la Chine et la Russie, suivis par deux "États voyous" (rogue states), la Corée du Nord et l’Iran, et, enfin, le terrorisme Islamique.

Le terme "révisionnistes" indique que la Chine et la Russie ne sont pas assez puissantes pour totalement remettre en cause l’ordre post-Guerre Froide, mais qu’elles cherchent à limiter l’influence et la portée de Washington dans leurs aires d’influence les plus proches et les plus vitales : la Géorgie, la Crimée, l’Ukraine ou la Mer de Chine méridionale, où elles peuvent exercer leur pouvoir sans provoquer une guerre totale, et contribuer ainsi à l’affaiblissement de l’hégémonie américaine.

Fondée sur l’idée que la faiblesse rend vulnérable aux attaques, cette nouvelle stratégie vise à renforcer le pouvoir militaire américain pour augmenter sa capacité de dissuasion. Elle nécessite notamment une augmentation considérable des dépenses militaires pour moderniser l’arsenal américain préexistant et, surtout, pour étendre son arsenal nucléaire.

Après des décennies de guerre asymétrique contre des acteurs non-étatiques, la préparation à un conflit inter-étatique majeur est sans aucun doute le tournant le plus significatif amorcé par l’administration Trump.

Mais ce virage stratégique américain s’inscrit et doit être compris dans son contexte. Bien qu’il n’y réponde pas directement, il doit être interprété en relation avec les résolutions émises par le 19ème Congrès Annuel du Parti Communiste Chinois, en octobre dernier, dans lesquelles Xi Jinping a annoncé le début d’une "nouvelle ère" qui devrait culminer dans la transformation de la Chine en superpuissance mondiale d’ici 2050, sous la direction ferme du PCC (Parti Communiste Chinois). Le PCC a ainsi pour objectif d’unifier la nation sous l’égide du parti et de son leader, face à des contradictions de plus en plus intenses.

Cette stratégie marque une rupture de paradigme avec l’approche géopolitique prudente de Deng Xiaoping, qui a déterminé la trajectoire prise par l’État chinois depuis les années 1990 mais qui n’est plus en phase avec les besoins actuels de la Chine. Le tournant bonapartiste qui a accordé encore plus de pouvoir au PCC et à Xi Jinping est une indication que la bureaucratie dirigeante se prépare à affronter ses contradictions, domestiques et étrangères.

Au cours des dernières années, les tendances impérialistes de la Chine se sont approfondies, avec pour conséquence une politique d’investissement plus agressive associée à des objectifs géopolitiques (comme en Afrique), bien que son capital financier soit limité. Le régime du PCC a aussi commencé à davantage promouvoir le développement techno-militaire, un domaine dans lequel ses concurrents impérialistes ont clairement une longueur d’avance. Ce sont ces facteurs qui sont à l’origine de la Nouvelle Route de la Soie, son ambitieux projet d’infrastructure, bien qu’il puisse se révéler moins important que prévu et que sa réalisation doive encore faire face à de nombreux obstacles. Ils expliquent aussi ses politiques moins amicales : la Chine commence à exiger des pays insolvables qu’ils remboursent leurs prêts en lui cédant des actifs stratégiques, comme elle l’a récemment fait avec le port le plus important du Sri Lanka. La Chine a également augmenté ses investissements et ses activités en Amérique Latine, considérée par les État-Unis comme leur pré carré, et en Europe, en particulier en Europe de l’Est.

En bref, pour le moment, la Chine ne dispute pas leur rôle de leader mondial aux États-Unis, qui continueront d’être la principale puissance impérialiste dans les années à venir. Le PIB par tête de la Chine est toujours très bas : un septième de celui des États-Unis, toujours derrière celui de la Russie, et presque au même niveau que celui du Mexique. Au niveau militaire, bien que la Chine soit en train de moderniser ses forces armées, le différentiel continue d’être écrasant, même dans le domaine technologique. De plus, du fait des particularités de la restauration capitaliste, ni la Chine ni la Russie n’ont vu pour le moment la consolidation d’une classe capitaliste, et le rôle de l’État continue à être prégnant dans ces deux pays.

Toutefois, la Chine est trop grande, trop auto-suffisante et trop bien financée pour succomber aux pressions économiques directes des États-Unis ou d’un groupe de puissances impérialistes. Les tensions actuelles entre la Chine et les États-Unis proviennent, d’une part, des difficultés auxquelles la Chine doit faire face pour se libérer des contraintes imposées par ses tentatives d’étendre sa domination impérialiste à une échelle mondiale ; et, d’autre part, des difficultés rencontrées par les États-Unis dans ses tentatives d’assujettir l’État chinois, lequel est significativement monté en puissance depuis la brutale oppression impérialiste qu’il a subi du milieu du 19ème au milieu du 20ème siècle. Cette relation tendue de codépendance est au coeur du consensus néolibéral et mondialiste, aujourd’hui en perte de vitesse.

L’écart entre les deux puissances s’est objectivement réduit. En 2000, les États-Unis représentaient 31% de l’économie mondiale contre 4% pour la Chine. Aujourd’hui, la part des États-Unis est de 24% et celle de la Chine est de 15%. C’est pourquoi les secteurs protectionnistes et bellicistes du Pentagone exagèrent les menaces technologiques et soutiennent que la Chine rattrapera les États-Unis dans quelques années, dans le but de justifier une politique offensive avec des arguments défensifs.

Ils exigent, par exemple, la dérégulation du secteur financier chinois ou que le Gouvernement chinois retire la clause obligeant les entreprises américaines à former des joint-ventures et à « partager » leur technologie pour pénétrer le marché chinois. L’échec des politiques amicales pour dompter la bureaucratie du PCC, fondée sur l’espoir vain que l’entrée de la Chine dans l’OMC et sur le marché mondial aboutiraient à la formation d’une démocratie bourgeoise pro-impérialiste et un marché intérieur sans restrictions sur les capitaux étrangers, justifie aussi cette ligne dure. Cela a démontré qu’une « voie pacifique » pour le développement impérialiste de la Chine se révèle impossible.

Dans cette perspective, l’hypothèse d’un conflit entre grandes puissances qui se profile à l’horizon a abouti à une nouvelle course aux armements, impliquant non seulement les États-Unis, la Chine et la Russie, mais aussi le Japon et les principales puissances de l’UE.

Il serait erroné de confondre une position stratégique avec une politique immédiate. Une guerre entre grandes puissances n’est pas imminente, mais le fait que la perspective d’une telle guerre fasse partie de la politique nationale des États-Unis a un impact sur les événements actuels : cela accroît la probabilité d’une escalade des conflits régionaux dans lesquelles diverses puissances sont déjà en compétition, telles que la crise de la Corée du Nord ou la guerre civile en Syrie.

Hypothèses de conflits potentiels

La Corée du Nord

Comme évoqué dans les analyses précédentes, le principal risque d’un incident militaire réside dans la possibilité qu’émergent des dilemmes dans lesquels les États-Unis auront à choisir entre deux « mauvaises solutions ». Les États-Unis ne peuvent accepter que la Corée du Nord dispose de l’arme atomique, ce qui est déjà le cas, parce que cela révèlerait l’érosion du pouvoir disciplinaire américain. A priori, une attaque militaire ne déclencherait pas seulement une guerre nucléaire, mais serait également unilatérale, car les États-Unis ne disposent pas du soutien de leurs alliés dans la région. La Corée du Sud est opposée à une intervention militaire, parce qu’elle serait le premier champ de bataille en cas d’affrontement, et est favorable à une solution diplomatique au conflit. Le Japon est également opposé à l’attaque.

La situation semble avoir pris un tournant depuis que la négociation a été adoptée par les deux Corées comme moyen principal de résolution du conflit, débouchant sur la proposition d’un sommet entre Trump et Kim Jong-Un qui devrait se tenir en Mai. Ce virage n’élimine pas les profondes contradictions qui rendent le conflit difficile à résoudre. L’exigence de "dénucléarisation" impliquerait pour les États-Unis le désarmement unilatéral de Pyongyang, tandis que pour la Corée du Nord, elle implique le retrait de l’arsenal sophistiqué en Corée du Sud. Les deux partis revendiquent donc une victoire : Trump allègue que le régime de sanctions, que la Chine a finalement rejoint, a forcé Kim Jong-Un à accepter les conditions de la négociation, tandis que Kim Jung-Un est persuadé que ses démonstration de l’avancée technologiques des missiles nord-coréens lui permettront d’entrer dans le club exclusif des États disposant de l’arme nucléaire. On ne sait pas si le sommet aura lieu et quels pourraient en être les résultats. Dans le même temps, le risque d’un conflit à haut risque perdure, compte tenu de l’accumulation de ressources militaires et des intérêts en jeu.

La Syrie

La conséquence la plus immédiate de l’escalade de la guerre civile en Syrie est la décision des États-Unis et d’autres puissances d’empêcher que le conflit ne finisse entre les mains de la Russie et de l’Iran, rejoints de manière opportuniste par la Turquie. Malgré ses contradictions, ce dénouement a renforcé la rayonnement régional du régime iranien (et de ses alliés comme le Hezbollah) et a permis à la Russie de revendiquer, pratiquement à elle seule, la victoire contre l’EI et de maintenir sa position au Moyen-Orient. La "pax Russio-Iranienne" était inadmissible pour les États-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël. A court-terme, ils ont remporté la manche et la conférence pour la "paix" convoquée par Poutine s’est révélée être un échec.

Les risques d’un conflit aux répercussions internationales se renforcent. Des avions de guerre d’au moins une demi-douzaine de pays, dont les États-Unis, la Russie, la Turquie et Israël, survolent quotidiennement ce petit territoire. Pendant ce temps, des groupes armés par des puissances rivales s’affrontent sur le terrain. La nouveauté est que, compte tenu de la possibilité concrète d’une escalade dans le conflit, ces puissances ne se contentent plus d’agir par procuration, mais déploient leurs propres troupes en Syrie. Les États-Unis, par exemple, qui ont déjà environ 2000 hommes de troupe au sol (des conseillers militaires pour la plupart), se rapprochent de plus en plus d’un engagement direct dans des affrontements avec des milices soutenues par l’Iran.

L’administration Trump essaie d’améliorer la position américaine via une intervention de dernière-minute. Toutefois, cette politique pragmatique n’entre pas dans une stratégie cohérente, mais dans l’objectif négatif de contenir à la fois l’avancée de l’Iran et le rayonnement international de la Russie.

La décision de Trump de transformer les milices Kurdes en une sorte de force frontalière permanente d’environ 30.000 hommes de troupe a entraîné la Turquie (un membre de l’OTAN) à intensifier le conflit afin d’empêcher l’établissement d’une enclave kurde à ses frontières – ouvrant ainsi un nouveau front de bataille à Afrin dans la région de Rojava, s’affrontant à un allié des États-Unis.

La guerre civile en Syrie a des conséquences programmatiques importantes. De notre point de vue, le soulèvement démocratique contre Bachar Al-Assad qui faisait partie du processus des printemps arabes s’est depuis longtemps transformé complètement en une guerre civile réactionnaire, créant une situation catastrophique pour la population civile, qu’il s’agisse des personnes essayant de trouver refuge principalement dans des pays européens et finissant dans des camps de réfugiés ou trouvant la mort en Méditerranée, ou de ceux qui n’ont pas eu la possibilité de fuir et qui sont la cible de bombardements par le régime et par diverses fractions dans le conflit.

Un secteur de la gauche, dont IS (Socialists Left), maintient qu’il y une « révolution démocratique » en cours contre le régime dictatorial d’Assad et soutient le « camp des rebelles » sans tenir compte de sa nature de classe et de sa stratégie. Nous maintenons une position de principe en rejetant le régime dictatorial d’Assad, en nous opposant à toute ingérence impérialiste et intervention de puissances étrangères comme la Russie en Syrie, et en soutenant le droit démocratique du peuple Kurde à l’auto-détermination (quoi que ne soutenant pas sa politique de leadership nationaliste, dont la stratégie l’a mené à établir des alliances avec les États-Unis et un accord tacite avec le régime d’Assad).

L’Iran

Trump a changé la stratégie américaine au Moyen-orient, particulièrement envers l’Iran. Alors qu’Obama avait négocié un accord sur le nucléaire avec le régime iranien aux côtés de l’UE et avait cherché à établir un certain équilibre entre les puissance régionales au Moyen-Orient, Trump a opté pour le renforcement des alliances traditionnelles et l’établissent d’une sorte de front Sunnite contre l’Iran, mené par l’Arabie Saoudite, et auquel adhère Israël.

Bien que Trump ne se soit pas retiré de l’accord nucléaire, il l’a dévalué en refusant de certifier le respect des engagements pris par le régime iranien. Cette position a exacerbé le conflit intra-islamique entre les Chiites et les Sunnites, ce qui a donné lieu à une confrontation entre des groupes menés respectivement par l’Iran et l’Arabie Saoudite. Cette guerre "froide" tend à éclater en des conflits chauds comme la guerre civile au Yémen ou en Syrie.

Nombreuses sont les pressions, en particulier d’Israël, pour que les États-Unis donnent leur feu vert à une frappe préventive contre les installations nucléaires iraniennes afin d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Washington s’y refuse pour le moment, en raison des coûts considérables qu’engageraient un conflit avec l’Iran, et parie sur un "changement de régime" qui résulterait des contradictions au sein de la société iranienne et de son régime. C’est la raison pour laquelle Trump a salué les manifestations anti-régime du début de l’année. Toutefois, le processus social en Iran est plus profond, comme le montrent les secteurs sociaux engagés, et peut difficilement être orienté vers le type de "révolution colorée" que les États-Unis avaient promu en Ukraine et dans d’autres pays.




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