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Le gouvernement entend économiser 500 millions d’euros sur les aides aux parents de tout-petits

Le gouvernement est décidément très inventif en matière de réforme destinée à faire les poches des plus modestes. A partir d’avril prochain, ce sont 500 millions d’euros qui seront rabotés sur les aides versées aux parents de tout-petits.

On le sait, le gouvernent Macron a, entres autres, une cible dans le viseur : la sécurité sociale. Et pour ce faire, le président des riches et ses acolytes ne manquent pas d’idées. C’est ainsi que l’annonce du budget 2018 prévoit une baisse drastique des aides versées aux parents d’enfants en bas-âge, dont seul les 20 % les plus aisés sont aujourd’hui non bénéficiaires.

Dans les faits, ce sont les parents les plus modestes qui seront les plus fortement impactés par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, que le gouvernement entend adopter en décembre et qui aurait des répercussions dès avril prochain. « Selon nos informations, c’est le montant maximal des ressources permettant de toucher l’allocation à taux plein qui va baisser. Ce qui signifie que certaines familles qui auraient touché, dans les conditions actuelles, le montant à taux plein, ne toucheront plus que la moitié avec les nouvelles règles » a ainsi expliqué l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Conséquence directe : Une baisse de 8 à 16€ d’aide par mois selon les cas. Pour un couple ou chacun des parents touche 1650€, la baisse équivaudrait, sur la totalité du versement de l’aide, à près de 4 mois de salaires, toujours selon l’Unaf.

Une mesure qui ne s’arrête pas là. En effet, la réforme prévoit d’exclure purement et simplement 6 % des actuels bénéficiaires de primes de naissances et d’adoption, « alors que cette aide n’est déjà versée qu’aux familles intermédiaires et modestes ». Pour tenter de donner l’illusion d’une réforme pas unilatéralement anti-sociale, le gouvernement a annoncé que l’allocation sur le mode de garde augmenterait de 30 % pour les familles monoparentales au mois d’octobre ainsi que l’augmentation d’une dizaine d’euros des primes à la naissance et à l’adoption. Une manœuvre là aussi dénoncée par l’Unaf : « Les ordres de grandeur ne sont pas les mêmes : on prend d’un côté 500 millions d’euros par an aux familles via la réforme de l’allocation de base de la Paje, pour donner de l’autre 40 millions via le complément mode de garde ».

Alors que le gouvernement a annoncé la baisse de l’impôt sur la fortune, il s’agit donc de compenser ce cadeau aux plus riches en puisant directement dans les poches des plus modestes. Inscrite dans la politique de casse des acquis sociaux, la sécurité sociale est donc attaquée de toutes parts par Macron et son gouvernement, au même titre que la destruction méthodique du code du travail à grand renfort d’ordonnances.




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