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Société

"Une balle dans la tête de cet abruti"

Le journaliste indépendant Gaspard Glanz menacé de mort par des policiers

Journaliste chez Taranis News, Gaspard Glanz est depuis quelques mois visé par les forces de l’ordre : fouilles systématiques et gardes à vues, il est la « bête noire » des CRS. Suite à ses vidéos, sur facebook, des gendarmes et des policiers le menace publiquement de mort.

© Marin Driguez, Taranis News

Gaspard Glanz fait partie de l’équipe de Taranis News, un journal indépendant engagé spécialisé dans les reportages vidéos des mobilisations sociales. Il a ainsi particulièrement suivi les mobilisations contre la loi-travail, les actions dans la ZAD de Notre Dame des Landes ainsi que les mobilisations de soutiens aux migrants, que ce soit à Calais ou Vintimille. Journaliste de terrain, ses reportages couvrant des manifestations où la répression policière était très importante a rapidement fait de Taranis News un média alternatif de référence dans la couverture des manifs. Cependant, filmer les violences policières n’est pas de tout repos, et le journaliste est systématiquement harcelé en manifestation : contrôles à n’en plus finir, entrave à son métier de journaliste… de nombreux CRS, gendarmes, bacqueux et officiers des renseignements généraux le ciblent particulièrement. En effet, ses vidéos montrent, sur Youtube, aux yeux de tous, comment les flics gazent, matraquent ou frappent gratuitement les manifestants.

Un de ses chevaux de batailles est tout simplement le droit d’exercer son métier de journaliste : poursuivi dans deux procès et empêché systématiquement d’accéder à certains lieux, il n’est pas rare de le voir sortir les textes de lois prouvant son droit à circuler librement, ce qui est souvent très mal reçu par une police pour laquelle le droit reste un concept que l’on peut ignorer. Ses deux procès sont d’ailleurs éloquents : dans le premier, pour « vol », il est accusé d’avoir volé un talkie-walkie de CRS retrouvé dans le bidonville de Calais ; dans le second, il est accusé « d’injure sur fonctionnaire de police », pour avoir posté une photographie sur facebook assimilant des bacqueux aux officiers de la SS, par un commentaire : « Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer ».

Et face au non respect de la loi par la police, Gaspard Glanz est efficace : par trois fois, le journaliste a « démasqué » des officiers des Renseignements Généraux, déguisés en journalistes, ce qui est interdit par la convention de Genève. Le 14 avril, durant une manifestation contre la loi-travail, il avait déjà dénoncé cette présence, ainsi que le 28 février, lors d’une manifestation lycéenne réclamant Justice pour Théo. Ce 19 mars, lors de la marche pour la Justice et la Dignité, il demande même à un observateur d’Amnesty International de constater cette présence :

Une dénonciation qui lui vaut aujourd’hui d’être menacé publiquement sur les réseaux sociaux par des policiers ainsi que des gendarmes. Ainsi, une page facebook, Soutien aux Forces de l’Ordre l’a publiquement dénoncé, en y joignant une photo du jeune homme. Résultat : des dizaines de menaces de mort et de viols sur cette page. Entre les insultes sexistes et homophobes, certains fonctionnaires de gendarmerie en appellent même au meurtre : un certain Alex Cassan réclame « une balle dans la tête de cet abruti. Une bonne balle entre les deux yeux. Je vous garantis qu’il n’y aura plus jamais de problème avec lui ». Face à ces menaces de mort que Facebook a jugé bon de laisser malgré les signalements, le journaliste compte bien déposer plainte.





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