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Monde

Puigdemont sous le coup d’un mandat d’arrêt européen

Le parquet de Madrid requiert la prison pour le vice-président et 7 ministres catalans

Ce jeudi 2 novembre, le parquet de Madrid requiert la prison pour le vice-président Oriol Junqueras 7 ministres catalans. Carles Puigdemont et quatre autre ministres ont refusé de comparaître. Ils sont sous le coup d’un mandat d’arrêt européen.

Source photo : Equinox

Madrid accentue la répression

Ce jeudi s’ouvrait le procès pour « détournement de fonds, sédition et rébellion » des principaux dirigeants de la Catalogne. Carles Puigdemont, Oriol Junqueras et l’ensemble des ministres destitués par Madrid risquent entre 15 et 30 ans de prison. Si le président de la Catalogne et 4 autres ministres ne se sont pas rendus au tribunal, 8 ministres et le vice-président Junqueras ont quant à eux affrontés le parquet. Pour 7 d’entre eux, ce dernier requiert la prison. Le 8ème, qui a démissionné avant la déclaration unilatérale d’indépendance, est libéré sous caution (50 000€).

Le procureur général a ainsi accusé les dirigeants catalans d’avoir encouragé un « mouvement d’insurrection actif ». Un terme extrêmement fort quand on sait que la Généralitat n’a eu de cesse de retarder la proclamation de l’indépendance suite au référendum du 1er octobre, et que Puigdemont lui-même a annoncé depuis Bruxelles mardi dernier sa décision de « ralentir » le processus d’instauration de la République Catalane.

En droit européen, il y a un principe de reconnaissance mutuelle du droit pénal dans les différents pays. Soit Carles Puigdemont accepte son extradition et sa remise devrait intervenir dans les dix jours. Soit il refuse son extradition et, là, il y a un délai de 60 jours dans lequel les autorités belges doivent remettre Carles Puigdemont aux autorités espagnoles

Maxime Chomé, avocat pénaliste

Mais l’État central ne s’est pas arrêté en si bon chemin. En effet, l’annonce d’un mandat d’arrêt européen à l’encontre de Carles Puigdemont et de ses ministres réfugiés en Belgique a été rendu public. Un recours qui n’a rien d’étonnant au vu de la virulence affichée par Madrid. Par ailleurs, les auditions des parlementaires catalans, dont Carme Forcadell, présidente du parlement catalan, ont été reportées. Qu’on se le dise, Madrid et Rajoy accentuent un peu plus la répression dans le cadre du processus d’auto-détermination du peuple catalan, à coup d’article 155 et de poursuite judiciaire, avec en ligne de mire les élections illégitimes du 21 décembre prochain.

Combattre le coup d’état institutionnel madrilène devient vital pour les classes populaires catalanes

Paradoxalement, les attaques de Rajoy contre les dirigeants catalans mettent en exergue les trahisons de Puigdemont, ses ministres et de la Généralitat par rapport au processus d’indépendance de la Catalogne. En effet, les hésitations, multiples reports et aujourd’hui « ralentissement » de l’affirmation de la République catalane apparaît de plus en plus comme une politique de capitulation sur toute la ligne. Il est en effet évident que cette ligne ne peut servir que la monarchie et le régime post-franquiste de 1978.

Du côté de la gauche radicale, Podemos n’est pas en reste dans le soutien de Rajoy, avec un Iglesias qui a muselé la section catalane du parti et qui affirme sa position « d’unité de l’Espagne ». La CUP, quant à elle, n’offre aucune alternative politique et a accepté sans discussion de participer aux élections illégitimes du 21 décembre, qui vise à effacer des tablettes le référendum du 1er octobre tandis que la Catalogne est sous tutelle de Madrid, avec des médias (entre autres) sous le contrôle direct du gouvernement Rajoy.

Un plan de bataille d’auto-défense de la République apparaît chaque jour, chaque heure peut être, de plus en plus vital. Les classes dirigeantes catalanes ont d’ores et déjà fait la preuve de leur incapacité à satisfaire les aspirations d’auto-détermination exprimées par le peuple catalan. C’est dans la grève générale du 3 octobre, que se situe l’alternative à même non seulement de mener le processus jusqu’au bout, mais aussi d’élargir aux questions sociales, économique et politique brûlantes. Ce qui semble plus clair que jamais, c’est que seule une République catalane libre et socialiste, prônant un programme contre le chômage de masse et la précarité, capable d’œuvrer à une unité avec la classe ouvrière du reste de l’État espagnol et s’affrontant directement avec l’État central monarchiste post-franquiste, peut réellement être une issue progressiste dans la situation.




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