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Lettre ouverte d’une cheminote : « C’est notre arrêt de mort qu’on planifie »

Une cheminote gréviste expose les multiples raisons de se révolter contre la réforme ferroviaire. Un appel à ses collègues, aux usagers, et aux cadres de la SNCF à rejoindre le combat.

Texte publié par Sloann M. sur Facebook

Aujourd’hui, j’entame ma 5ᵉ année au sein de cette grande famille cheminote. Quand j’ai signé ce contrat j’étais tellement fière de suivre les pas de mon père au sein de la SNCF. De rentrer à mon tour dans cette grande boîte du service public qui offrait des possibilités d’évolution certaines, dont les agents avaient surmontés déjà de nombreux conflits et qui leur avaient permis de garder des conditions de travail décentes et normales.

Aujourd’hui, c’est avec beaucoup plus d’amertume que je revois mes propos…
Depuis le 22 mars, nous nous battons mais avez-vous tous réellement compris l’intérêt de se battre aujourd’hui ? Avez-vous réellement lu les différents amendements proposés ? Les avez-vous compris ? Quand je vois tous ces « collègues » qui vont travailler encore aujourd’hui je me dis que c’est pas possible. Vous ne devez pas avoir saisi les enjeux de cette bataille. C’est notre arrêt de mort qu’on planifie là, c’est la guillotine qui est au-dessus de nos têtes qui va tomber…

J’ai pas signé chez Transdev, VFLI, ECR ou toute autre boîte privée, j’ai pas signé pour avoir des conditions de travail lamentables, une évolution de carrière inexistante. Pas non plus pour dégrader le service public, le mode de déplacement de centaines de familles, de travailleurs tous les jours.

J’ai pas signé pour que ces mêmes personnes se retrouvent avec des billets à des tarifs exorbitants car oui, on vous a menti encore une fois dans les médias, regardez un peu autour de vous, ouvrez les yeux arrêtez de vous bourrer le crâne de ces mensonges médiatiques, allez voir les tarifs d’un billet de train en Angleterre, en Allemagne voir si c’est si économique qu’on peut vous le dire. De plus après avoir payé votre billet une petite fortune il faudra vous rendre dans la grande ville la plus proche, car le train que vous preniez en râlant à 5mn de votre domicile ne passera plus. La ligne sera supprimée.

Et par-dessus tout j’ai encore moins signé pour que ces personnes voyagent en insécurité de par une circulation assurée par des gens à peine formés ou encore du matériel déficient, car oui les Opérateurs Privés voudront forcément faire du bénéfice contrairement à une entreprise publique, ce qui signifie des entretiens à moindre coûts du matériel, des infrastructures des formations à moindre coûts… RENTABILITÉ oblige.
Abordons le sujet du Fret maintenant, combien de camions faut-il pour contenir ce que peut transporter un train ? Ne sommes-nous pas dans une génération qui doit faire attention à la planète, à l’écologie ? Alors pourquoi engorger les routes avec 55 camions de 32 tonnes quand nous pouvons former un train de 35 wagons ?

Allez pour la fin, parlons de vous, nos cadres, vous qui venez nous remplacer en poste, vous en mettre plein les poches pendant que nous essayons de lutter envers vents et marées. Avez-vous déjà vu une entreprise privée qui avait autant de cadres ? Vous serez les premiers à sauter soyez en sûr alors qu’attendez-vous pour nous rejoindre ? Vous êtes carriériste vous allez me dire, être gréviste c’est réduire ses possibilités d’évolutions, mais quand vous serez au chômage elles seront bien réduites vos petites carrières.

J’en arrête là, mais je pourrais encore vous parler de nos CE, nos EPHAD, notre patrimoine mobilier ICF…

C’est un appel au réveil général… Ouvrez les yeux, éteignez vos télés, fermez vos journaux, réfléchissez par vous-même à ce qui est en train de se passer et rejoignez-nous, il n’est pas trop tard pour se joindre à la lutte.

Posez vos DII.




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