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Politique

Mayotte et la Réunion

Macron en tournée coloniale

De Mélenchon à Le Pen, les « grands candidats » n'ont de cesse de réaffirmer leur attachement à la France coloniale. C'était au tour d'Emmanuel Macron, ce week-end, en visite à l'île de la Réunion puis à Mayotte.

Samedi 25 et dimanche 26 mars, le candidat d’En Marche était en campagne sur l’île de la Réunion, avant de se rendre à Mayotte. En bon agent de l’impérialisme français, il est allé prêcher la bonne parole aux populations colonisées.

De l’île de la Réunion...

À la Réunion, où le chômage touche un tiers des habitants et plus de la moitié des moins de 25 ans, Emmanuel Macron s’est fendu de promesses creuses et éclectiques pour tenter de recomposer un électorat d’outre-mer qui avait largement voté Hollande en 2012. « Libérer le travail », faire « sauter le verrou » de la « crise requin » en assouplissant les règles de protection de la faune et la flore marine…

Peu avant son meeting, il a déclaré avoir « toujours la même volonté d’aller au contact, d’expliquer, d’entendre les attentes et les colères » mais a aussi déclaré s’être déplacé également « pour des engagements réciproques ». Comprendre : s’assurer qu’en dépit des réformes ultra-libérales et des mesures d’austérités, du chômage de masse et de la pauvreté, les habitants de l’île ne suivront pas l’exemple des Guyanais entrés en grève générale ce lundi.

Le meeting en question fut un échec. La salle, avec une capacité d’accueil de 4500 places, était à moitié vide. S’essayant à un nouvel exercice, Emmanuel Macron a fait monter des participants sur scène. Une intervention notable a prouvé le dédain du candidat pour celles et ceux qui subissent la misère au quotidien : aux questions d’une cheffe d’entreprise, il rappelle son souhait de permettre aux patrons de contourner les syndicats, « en cas de blocage ». Ainsi, pour qui l’aurait oublié, Emmanuel Macron rappelle que son programme est un programme pro-patronal, libéral et néfaste pour les travailleurs et ceux qui luttent.

...à Mayotte

« Je viens, je passe, dans une campagne intense, après chacun a ses contraintes d’agenda, et je vais dire pendant quelques instants la vérité et celle que je pourrais conduire » a déclaré Emmanuel Macron, en profitant de l’occasion pour s’ériger en rempart contre celle qui lui mord les talons dans les sondages : Marine Le Pen. « C’était un discours démagogue et mensonger puisqu’elle a promis, ici, qu’avec elle il n’y aurait plus d’immigration clandestine, ce qui est impossible ».

Il a également pris position sur la situation en Guyane. Des positions on ne peut plus claires : « Bloquer les aéroports, bloquer la ville, ce n’est pas acceptable […] Il faut en revenir à la raison et au calme ».

Ainsi, une fois de plus, Macron montre son visage résolument du côté des patrons, son mépris pour les populations paupérisées par le colonialisme français, et sa volonté de briser toute velléité de lutte.




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