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Politique

Taliban du macronisme au service de la « république »

Manuel Valls et le « problème de l’islam »

Coûte que coûte, Valls cherche à exister politiquement depuis son ralliement à LREM. Pour ce faire, il n'hésite pas à réactiver les polémiques islamophobes. Après ses sorties d'une rare violence à l'encontre de Médiapart, accusé à tort de complaisance envers Tariq Ramadan et l'islamisme, Valls persiste et signe dans « El Pais » en pointant « le problème de l'islam, des musulmans » comme source de la crise en France.

Après avoir appelé à faire « rendre gorge » à Mediapart et à Edwy Plenel, son fondateur, dans une défense inconditionnelle de la laïcité de combat qu’il prétend incarner mais qui cache en réalité bien mal son islamophobie, Valls s’en est une fois encore pris aux musulmans en les pointant du doigt comme source des problèmes en France. Selon ses propes mots, qu’il a prononcé lors d’un débat organisé par le journal El País : « Tous les pays souffrent d’une crise d’identité culturelle à cause de la mondialisation, de la crise politique, des réseaux sociaux, des problèmes des réfugiés : des problèmes naissent dans nos sociétés, par exemple dans la société française, le problème de l’islam, des musulmans. Tout cela nous interroge sur ce que nous sommes ».

Dans la rhétorique de Valls, « le problème de l’islam, des musulmans » ne constitue pas un amalgame entre islam et islamisme ou fondamentalisme et entre musulmans et terrorisme. En prétendant « ne rien laisser passer » sur la laïcité, Valls incarne cette « gauche » islamophobe qui instrumentalise l’islam à des fins de stigmatisation sous couvert de défense des grands principes de la République. C’est en ce sens qu’il a su mener la bataille contre Mediapart en renversant l’accusation d’islamophobie qui lui est faite en accusation d’islamo-gauchisme en direction de ceux qui dénonceraient l’oppression et le racisme d’État dont sont victimes les musulmans ou les personnes assignées à cette identité.

Cette entrée dans l’arène médiatique, après quelques mois de retrait suite à sa défaite à la primaire du PS et suite à son départ vers LREM, replace Valls au centre des débats et le fait exister sur ses thématiques de prédilections : la défense identitaire de la laïcité et la défense de la République. Ce retour en force brusque néanmoins le parti macroniste qui n’a pas encore réellement statué sur la position qu’il allait adopter sur l’islam. Les réactions au sein du groupe LREM ne se sont pas fait attendre, preuve que le positionnement radical de Valls ne passe pas facilement et qu’il participe d’une « hystérisation » du débat, comme le souligne Aurélien Taché, responsable politique LREM de la commission des Affaires sociales.

La polémique sur Tariq Ramadan et le prétendu soutient que Mediapart lui aurait offert continue de soulever la question du racisme d’État et de l’islamophobie ambiante, sur fond de polémique sur les « prières de rue ». Si Valls est critiqué parce qu’« il incarne une laïcité de repli » qui n’est pas dans l’identité de LREM qui pense « la laïcité comme liberté », selon les propos de Pierre Person, député de Paris, il n’en reste pas moins que les violences, verbales ou physiques, commises contre les personnes musulmanes ou assimilées n’ont pas diminuées depuis l’arrivée au pouvoir de Macron.

Crédit : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP




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