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Société

Violences policières

Marseille. Incarcéré alors qu’il souffre de troubles mentaux : un jeune se suicide

Le 11 août dernier, un jeune de 20 ans est décédé dans le silence d'une cellule du Commissariat de Marseille (8ème arrondissement). Reconnu handicapé par la MDPH pour des raisons psychiatriques, il aurait été retenu au commissariat pour outrage et rébellion, alors qu'il était à Marseille pour voir la mer.

La police et les services sociaux de la police avaient connaissance de sa situation de handicap, puisque le dossier médical leur a été transféré par la famille dès que celle-ci a eu connaissance de son arrestation. Mais durant sa détention, Bilal s’est suicidé – c’est en tout cas la version officielle de son décès, communiquée par la famille sur la page FB du collectif Urgence notre police assassine. Mais les difficultés kafkaiennes d’accès au dossier que rencontre la famille ne lui ont pas permis de savoir exactement ce qu’il s’est passé durant la dernière nuit de Bilal au commissariat.

En tout état de cause, il est inadmissible qu’un jeune de 20 ans meurt dans un commissariat. Comme il est inadmissible que sa situation de santé ne soit pas prise en compte par les services de police. On pourrait égrainer les cas de violences, de viols, de délits de faciès, de mépris, d’une police qui se sent de plus en plus autorisée à faire comme bon lui semble : dernier témoin en date, la situation inacceptable qui a été faite cet été, début août, à une mère en situation de handicap dans un commissariat de Paris.

Dans le cadre de l’Etat d’urgence et du Code de sécurité intérieure, dont la première formule date de mars 2012, c’est-à-dire sans raisons terroristes directes, mais par adaptation aux corpus juridiques des autres Etats, et avec le renouvellement des lois sécuritaires au début de l’été par Gérard Collomb, l’Etat français protège toujours mieux sa police par des moyens légaux, en l’utilisant comme un moyen de contention et de répression pour maintenir un ordre social injuste et inégalitaire.

Dans les quartiers populaires, la police a les mains lestes depuis longtemps : une fois de plus, on en arrive à un décès (pour outrage et rébellion) ! Neuf hommes sont morts cette année dans le cadre d’une interpellation policière dont plusieurs souffraient de troubles mentaux. Une police, la même, qui sert aussi servir à la criminalisation des mouvements sociaux : collectivement, quartiers populaires, militants, associations, partis, doivent savoir que si la police est bien l’ennemi de front, l’Etat est l’adversaire. Ce même Etat qui protège, arme et défend sa police.




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