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Politique

Bataille du Rail

Mensonges du gouvernement : la réforme engendrera des fermetures de « petites lignes »

Alors que le gouvernement a inondé l'espace public, jurant à plein poumon que les « petites lignes » ne seraient pas fermées avec la réforme du ferroviaire, le très libéral journal Les Échos affirme le contraire.

Crédit photo : kejsirajbek

On ne peut pas dire que l’on tombe de haut, tant la logique qui a conduit à la mise en place « forcée » de la réforme du rail porte en germe des conséquences néfastes pour les cheminots et les usagers. Dans un article datant du 24 juin, le journal Les Échos, réputé pour sa ligne néolibérale, affirme qu’une série de petites gares et de lignes, au niveau des TER et des TGV, seront largement affectées.

Concrètement, les « rames TGV » passeront de 350 actuellement, à 300 après la réforme. Plus encore, si aucun chiffre n’est encore officiellement avancé, des gares de « petites villes » aujourd’hui desservies par le TGV ne le seront plus à l’avenir. Ce qui, selon Les Échos, conduira à la fermeture pure et simple d’une série de gares. De plus, les moyens annoncés par l’État pour l’entretien de lignes sont jugés largement insuffisante, ce qui conduit à la délégation de cet entretien aux régions, aujourd’hui dans l’incapacité de pouvoir l’assumer financièrement. Par ce jeu, ce sont bien des fermetures de lignes, notamment pour les TER, qui apparaissent inéluctables.

Si la publication du rapport Spinetta préconisait la fermeture de lignes, le gouvernement avait largement mené campagne, en affirmant que cela était tout à fait hors de question. Une posture visant avant tout à éviter au maximum un soutien massif des usagers envers les cheminots en lutte. Aujourd’hui, les rouages se mettent doucement en place... et c’est à la SNCF directement que revient la sale besogne ! En effet, si le texte n’aborde pas cette question de fermeture de lignes, c’est bel et bien le plan stratégique de la SNCF qui, selon Les Échos, envisage d’incorporer ces mesures mises de côté. La sur-utilisation des rames TGV restante, et le recourt massif au « TGV low-cost » type Ouigo, est avancé pour faire un minimum écran de fumée face à cette déstructuration du service public ferroviaire.

Tandis que la SNCF se met en avant pour jouer, en quelque sorte, le rôle de « bouclier » pour le gouvernement, il n’en reste pas moins que pour les usagers comme pour les cheminots, le résultat est le même. Outre le risque au niveau sécuritaire que représente la sur-exploitation du matériel et le manque d’entretien des lignes, le nombre de gares desservies par le TGV va bel et bien baisser et des lignes vont bel et bien être fermées. Dans cette situation, et alors que les cheminots sont toujours déterminés à se battre jusqu’au bout, il est indispensable que le soutien populaire à la grève s’intensifie de manière plus active, après plus de 3 mois de lutte, pour faire plier le gouvernement et la direction de la SNCF.




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