Monde

Le bilan le plus lourd depuis un an

Migrants. Près de 500 personnes ont péri dans un naufrage en Méditerranée

Publié le 21 avril 2016

Ce 17 mars, une quarantaine de migrants ayant fui la Libye a rejoint les côtes grecques. Et leurs récits font froid dans le dos. En effet, le bateau sur lequel ils ont embarqués a chaviré, et le bilan avoisinent les 500 morts...

Julian Vadis

« Jusqu’à 500 personnes pourraient avoir perdu la vie quand un bateau a sombré à une localisation inconnue entre la Libye et l’Italie », a affirmé dans un communiqué le HCR - l’agence des Nations unies pour les réfugiés - ce mercredi 20avril. Après le drame de Lampedusa, où 800 migrants avait péri dans les eaux méditerranéennes, il s’agit du naufrage le plus meurtrier depuis un an, et qui rappelle avec violence les conséquences des politiques européennes en matière d’accueil des réfugiés.

Hausse de l’arrivée de réfugiés en Italie

Depuis janvier, 18234 migrants ont accosté sur les côtes italiennes des îles de Lampedusa et de Sicile. Un chiffre en nette hausse par rapport à 2015, qui atteignait approximativement les 10 000 réfugiés. Si cette tendance se confirme, ce sont donc 300 000 migrants qui devraient accoster en Italie, soit trois fois plus qu’en 2015. L’annonce de ces chiffres, qui coïncide avec le plus gros naufrage de réfugiés en méditerranée et la recherche d’un accord entre l’Union Européenne et la Lybie pour étanchéiser un peu plus les frontières, réinstalle sur le devant de la scène géopolitique les politiques mortifères des impérialismes occidentaux.

Loin de régler la situation chaotique au Moyen Orient, les bombardements massifs sur la région ont - quelle surprise - intensifié l’exode vers l’Europe. La fermeture des frontières et la traque aux réfugiés ne rendent que plus périlleuses encore ces tentatives d’exil, conduisant ainsi à cette nouvelle catastrophe qui en appelle d’autres. De plus, l’accord controversé passé avec Ankara du rapatriement en Turquie des migrants accostant en Grèce couplé à l’hermétisation de la route des Balkans ferment peu à peu les possibilités et ne rendent possible, pour les réfugiés, que de passer par les eaux entre Libye et Italie, celles-la même qui, en deux naufrages, auront tué plus de 1300 personnes ...

Plus d’un an après le début de la crise, les drames se succèdent donc en méditerranée et, plus généralement, aux frontières de l’Europe forteresse -d’autant plus que les naufrages sont difficiles à comptabiliser et que, en définitive, il s’agit d’estimation à minima. Face à cette réalité, l’Union Européenne ferme les yeux, déversant les responsabilités sur les pays frontaliers de l’espace Schengen, aux pays moyen orientaux et à ses alliés les plus proches telle que la Turquie. En France, Valls nous gratifie même de deux mois de rabe en matière d’état d’urgence, une bonne manière de continuer à matraquer les manifestants contre la loi Travail tout en fermant les frontières aux réfugiés. Qu’on se le dise, la lutte contre notre propre impérialisme assassin est loin d’être terminée.