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« L’administration se comporte comme des flics »

Paris Diderot licencie une doctorante : la contestation s’organise

Jeudi midi, s’est tenu sur le campus de Paris 7 un nouveau rassemblement en soutient à Ana, doctorante en sociologie renvoyée en raison de son casier judiciaire. Près de 100 personnes se sont retrouvées pour se faire entendre par la présidence de l’université qui refuse toujours de réintégrer la doctorante.

Ana*, doctorante en sociologie à Paris 7 a été renvoyée pendant sa période d’essai à cause de son casier judiciaire. En effet, il y a quelques années, elle avait lancé un gobelet de café froid sur des militants d’extrême droite. Depuis quelques semaines, la mobilisation s’organise à l’université pour la faire réintegrer sans conditions.
 
D’autres cas similaires à celui d’Ana* (au moins un) ont émergé cette semaine dans différents départements de l’université, la direction exigeant l’effacement du casier de doctorants comme condition pour les intégrer. Comme le souligne une enseignante de l’université, on assiste ici à des décisions, celles de n’accepter aucun doctorant avec un casier judiciaire (et indépendamment de ce qui y est inscrit), purement bureaucratiques, arbitraires et policières. « L’administration se comporte comme des flics » estime l’enseignante chercheuse. Pour une représentante de Sud Education Paris 1, cette logique arbitraire est « un mode de gestion qui vise à nous rendre docile ». En effet, alors que les conditions de travail se détériorent à l’université la direction choisi la répression afin que les jeunes chercheurs acceptent le travail gratuit et les problèmes matériels du quotidien. La solidarité qui s’est créée autour d’Ana* est l’expression du refus d’une université qui utilise le licenciement comme une arme contre celles et ceux qui dénonceraient son fonctionnement.
 
Afin de faire pression sur la direction de l’université, les enseignants de l’UFR de sociologie ont quant à eux décidé de ne pas réaliser les TD qui aurait dû être donné par Ana*, ils refusent aussi qu’elle soit remplacée dans sa tâche d’enseignement. Les heures de cours seront utilisées à bonne escient : elles seront des temps de réflexion et de discussion sur la répression à l’université, la lutte anti-fasciste ainsi qu’un temps d’organisation de la lutte en cours. De plus, un nouveau rassemblement de soutien aura lieu Mercredi prochain. Les étudiants, doctorants, enseignants chercheurs ont conscience qu’il va falloir construire une mobilisation et penser des moyens ainsi que des actions, pour faire pression sur la direction universitaire.
 
Afin d’obtenir sa réintégration, Ana* a aussi engagé une procédure au tribunal administratif afin de faire reconnaître le caractère illégal de son licenciement. Pour la soutenir et l’aider avec les frais occasionnés, une cagnotte a été mise en place.




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