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Notre classe

Il paraît que c'est scandaleux de partir à 60 ans...

Philippe Poutou. « Des privilégiés, les cheminots ? »

Macron il veut faire exploser tout ce qui reste, à la SNCF, d’acquis pour les travailleurs. Comme il est fort en com’, il appelle ça « un deal ». En réalité, c’est la prolongation de la guerre de classe que mène ce gouvernement. Analyse de Philippe Poutou, dans son dernier billet politique

Salut à toutes et tous

Le gouvernement, ni de droite ni de gauche faut-il le rappeler, utilise exactement les mêmes méthodes pourries des gouvernements précédents, de droite comme de gauche. A savoir, aujourd’hui, la tentation de diviser les salariés, d’opposer le privé au public, de faire croire que les fonctionnaires seraient des privilégiés. Voilà donc que revient sur la sellette la question des retraites des cheminots, lesquels -c’est dingue- peuvent partir avant l’âge de 60 ans.

C’est incroyablement osé de la part de ces politiciens tous très bien lotis, dont un certain nombre d’entre eux sont pris dans des affaires de corruption, de s’en prendre ainsi aux salariés qui seraient soi-disant scandaleusement avantagés. Ces politiciens sont, en plus, pour la plupart, très proches des milieux les plus fortunés, donc très bien informés des énormes rémunérations et retraites chapeau des dirigeants d’entreprises ou des dividendes incroyables des actionnaires ou encore des ultra-riches qui accumulent des dizaines de milliards d’euros ! De cela, ils ne nous parlent jamais. Comme ils ne nous parlent jamais des avantages des députés, des sénateurs aux revenus indécents, à leurs avantages comme la gratuité des transports, à leur régime de retraite incomparablement avantageux.

Vouloir s’en prendre encore aux retraites des cheminots, cela révèle la guerre de classe actuelle, celle qui consiste, pour les possédants et leurs serviteurs, à reprendre tout ce qui a été gagné par les salariés, à éliminer les acquis sociaux de millions de travailleurs. Ils s’en prennent à des catégories séparément pour diviser, pour fragiliser, car ils ne peuvent pas s’en prendre à tout le monde en même temps. Aujourd’hui, à nouveau, les cheminots sont visés. Mais demain ce sera pour attaquer encore plus les retraites du privés, comme les gouvernements le font successivement depuis plus de 20 ans.

Quand on travaille, partir à 60 ans ou même à 57 ou 55 ans, ce n’est certainement pas un privilège. La revendication d’une retraite à 60 ans pour toutes et tous, celle des 37,5 annuités pour tout le monde, celle de la retraite à 55 ans pour tous les métiers pénibles, toutes ces revendications sont légitimes. C’est à nous tous, du public, du privé, tous ensemble à mener cette bataille qui pose le problème d’une autre répartition des richesses, qui remet en cause, de fait, les politiques ultra-libérales, qui remet en cause le vol des richesses par les capitalistes.

Cette attaque du gouvernement souligne l’urgence qu’il y a de reprendre l’offensive, de construire une véritable mobilisation sociale, d’une lutte politique classe contre classe qui change le rapport de forces. Cela commence maintenant par la manif du 12 et ses suites.

Philippe




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